instacrush // Pierre Babin

Il nous fait rêver au jour le jour grâce à ses clichés léchés et ses stories captivantes mettant en scène son tout nouveau quotidien tokyoïte. Le premierinstacrush présenté sur ce blogue est Pierre Babin, un photographe et designer d’une grande créativité  qui continue de tailler sa place sur les réseaux sociaux. Véritable étoile montante, il mérite toute notre attention et ne cesse de rejoindre ses followers de plus en plus nombreux par ses publications qui magnifient les « petits détails de la vie».

 

Ce Français d’origine a certainement la tête (et l’œil) de l’emploi. Installé à Montréal le temps de compléter ses études en design, on capte aisément que ce séjour fut profitable pour l’élaboration de son style photographique. Son amour pour la ville transcende les dizaines d’images dépeignant la Métropole sous tous ses angles. Sélectionné par Apple pour devenir l’un des porte-étendards de la marque en 2016, il fait depuis rayonner son talent aux quatre coins du globe.

Son objectif est simple : il souhaite démocratiser le quotidien en le rendant plus esthétique avec une touche minimaliste indéniable. Le photographe s’intéresse particulièrement à la beauté du quotidien. «J’ai une approche très symétrique et j’essaie de faire en sorte que les couleurs soient harmonieuses dans la galerie d’images qui s’affiche sur mon compte. Je pense que ce souci esthétique, des publications fréquentes et l’utilisation de mots clés récurrents ont contribué à me faire connaître sur le réseau.»

 

carnet d’adresse du Mile-End

Le quartier du Mile End regorge d’adresses « trendy » : de bonnes tables, de cafés en vogue et de boutiques originales remplies de merveilles. En plus d’être le quartier le plus cool en ville, il fait bon y flâner, s’arrêter pour bouquiner dans une librairie d’occasion, y dénicher un morceau vintage dans l’une des nombreuses friperies ayant pignon sur rue ou regarder les montréalais déambuler dans ses rues de la fenêtre de l’un de ses chaleureux cafés. Ce quartier en pleine effervescence a une grande ascendance sur moi, alors voici une petite sélection de mes adresses préférées.

Bouffer & bruncher

Fairmount Bagel // Saint-Viateur Bagel // Butterblume // Larry’s // Wilensky’s

Ses cafés sympathiques

Arts Café // Myriade // Café Névé // Coop le Cagibi // Le dépanneur café // Pastel Rita

Ses ateliers boutiques

Baltic Club // Boucles & papier // Atelier b // Empire exchange // Boutique Unicorn // Boutique Lowell // Général 54 // Frank and Oak woman // Mylène B // Clark Street Mercantile // YUL boutique

Ses bars & buvettes

bar Henrietta // Ping Pong Club // Bar Waverly // Dieu du ciel! // Sparrow

blogues favoris: carnets de traverse

Une immense inspiration pour beaucoup de blogueurs, le très riche et magnifique blogue Carnets de traverse est réellement ce que l’on peut trouver de plus complet dans le domaine, de par l’exactitude du fond et la nette maîtrise de la forme.

Doté d’une esthétique incomparable et d’une qualité de textes inégalée, le blogue de Julie Sarperi & de Renaud Bonnet est porté par son contenu étoffé. Les guides et les carnets d’échappées sont hyper complets et offrent une base très juste pour une première approche de la destination traitée. Le soin accordé au traitement de l’image crée une réelle dépendance auprès de ses lecteurs que nous savons avides. Tout ceci renforcé par la proximité et l’accessibilité qui émane des extraits de journaux de voyage choisi avec soin.

Immédiate, l’incursion dans l’univers de ces deux blogueurs de talent se concrétise grâce à l’impression de proximité immersive créée par les photos et une réelle volonté de partage véhiculée dans de généreux articles.

Nous regrettons déjà le récent départ prématuré de Julie Sarperi, véritable cheffe d’orchestre de ce blogue, une jeune femme bourrée de multiples talents et de créativité débordante. Heureusement, elle continue de vivre à travers ses photos et les doux mots de son amoureux Renaud.

« Carnets de Traverse ne serait jamais devenu aussi inspirant sans cette esthétique du voyage. Tant de temps passé à faire, refaire encore et encore les prises de vue. Quelquefois 150 images pour un cadrage ou une composition particulière. Attendre le bon rayon de soleil, le bon personnage, la bonne brume, la bonne vague »

À lire et à dévorer par ici.

L’Islande à prix d’ami, c’est possible?

En flânant sur mon application de vols à bas prix Skyscanner avant de m’endormir hier soir, j’ai été totalement prise de court par le prix des billets d’avion pour l’Islande. Moins de 500$ (A/R) pour survoler l’Océan et atterrir dans la capitale de ce pays nordique, euh pardon? Je me suis dit que ce serait criminel de garder ce secret de polichinelle pour moi. Par conséquent, je vous dresse un survol des possibilités touristiques à bas prix offertes lors d’un voyage dans ce pays de plus en plus en vogue. En lisant les différents forums, blogues et guides qui traitent de l’Islande, on constate rapidement qu’ils font état d’un pays qui est relativement cher à visiter. Essayons de démystifier ce phénomène. Je vais donc vous dresser un état des lieux en vous présentant les options les plus économiques pour s’en mettre plein les yeux dans ce pays de glaciers, de fjord et de geysers. La période touristique du pays est très réduite à cause de sa nordique localisation, elle s’étend  grosso modo du mois de mai au début de septembre. Cependant, rien ne vous empêche de vivre un hiver islandais, d’admirer les aurores boréales ou de profiter du soleil de minuit.

Billets d’avion

L’achat de ces billets d’avion à un coût miraculeusement bas n’est évidemment pas totalement magique: la compagnie aérienne qui dessert Reykjavik depuis Montréal est une compagnie Low Cost, par conséquent le prix indiqué n’est valide que si vous n’emportez qu’un seul bagage à main d’un format donné (pas plus de 5kg et un sac de 56 x 45 x 25 cm). Vous ne pouvez donc pas enregistrer de bagages en soute sans frais supplémentaire. Cette compagnie aérienne, WOW air, vous permet cependant d’économiser beaucoup d’argent sur plusieurs destinations européennes en plus de Reykjavik,  telles que Copenhague ou Stockholm. Si vous désirez visiter l’Europe pendant quelques semaines ou plusieurs mois, l’Islande demeure un point de départ idéal pour vous rendre dans les pays scandinaves ou en Grande-Bretagne à des coûts dérisoirement bas en profitant des diverses compagnies Low Cost européennes. Il est possible de se procurer un aller simple pour l’Islande pour environ 150$ depuis Montréal (Vérifié le 27 avril 2016).

Hébergement

En Islande, les hébergements haut de gamme sont relativement dispendieux dans les grandes villes du pays ou carrément absents dans les petits villages pittoresques de la côte. Vous pouvez retrouver de nombreuses chambres chez l’habitant ou dans des fermes islandaises à des tarifs commençant généralement autour de 100 euros. Pour économiser de l’argent, je vous conseille donc deux stratégies (en plus du Couchsurfing). L’Islande est reconnue pour être un pays avec de multiples variations de température en une seule et même journée. Par conséquent, l’habillement doit être pensé en couches superposées à ajouter et à enlever au besoin. Pour dormir, ce sera la même stratégie, prévoyez différentes couches pour être certain de dormir bien au chaud. Les prix en auberges de jeunesse sont assez élevés, on parle ici d’une cinquantaine de dollars pour un lit en dortoir. Cependant, si vous souhaitez bénéficier de réductions intéressantes sur le gîte, vous n’avez qu’à dormir bien emmitouflé dans votre sac de couchage, puisque le concept de sleeping-bag accommodation fait en sorte que vous n’utiliserez pas les draps et que vous serez récompensé de rabais allant de 20 à 30%. Pour les vrais amateurs de nature et les voyageurs les plus soucieux de leur budget, je vous propose de faire du camping et de profiter des paysages à couper le souffle de jour et de nuit. Les installations semblent accessibles et bien répandues près des attractions touristiques du pays. De plus, vous pouvez vous procurer la Camping Card  au modique coût de 110 euros pour deux adultes et camper librement durant 28 jours dans l’ensemble du pays. Pour louer l’équipement nécessaire pour dormir dehors, cuisiner sa propre nourriture et profiter de la nature islandaise sans soucis, dirigez-vous sur ce site tout désigné pour vous équiper à moindre coût.

Transport

La superficie de l’Islande fait en sorte que cet État insulaire se découvre plus aisément et rapidement en voiture. Les road trip sont donc légion et faciles à organiser avec une bonne carte routière ou un GPS. Cependant, la location d’un véhicule augmente considérablement la facture du voyage. Pour comparer les prix de location de différents modèles de voitures et de 4X4 rendez-vous sur le site Guide to Iceland. Cette option est intéressante pour une plus grande autonomie et pour sortir des sentiers battus, mais il faudra vous trouver des passagers (forums, annonces dans les auberges et site de covoiturage) pour diviser et réduire le montant de l’essence, des assurances et de la location. L’auto-stop est sécuritaire en Islande (selon des guides de voyage qui ne le conseillent jamais autrement), mais rappelez-vous que les routes, même la Route circulaire qui fait le grand tour du pays sur 1300 km, ne sont pas très achalandées. L’autobus reste un moyen de transport relativement dispendieux, mais la meilleure option pour le voyageur solo. Par exemple, si vous souhaitez faire le tour du pays vous devrez débourser autour de 400$ pour embarquer à bord des bus privés de la compagnie Sterna.

Alimentation

La plupart des blogues et guides sur le pays insistent sur l’idée que l’Islande se déguste avec les yeux, car côté gastronomie, il s’agirait d’un désert gustatif. Les spécialités islandaises restent sommaires: plats à base de viande de mouton, produits de la mer (gravlax de saumon, requin, baleine, etc.) et autres poissons fumés et de quelques produits laitiers locaux tels le skyr (fromage blanc / yaourt). Il semble que les restaurants et les cafés servent encore une nourriture chère et peu accessible aux petits budgets. Plusieurs guides conseillent de faire le plein de provisions dans les supermarchés du pays ou d’opter pour des fast food bien répandus. Le hot-dog est, semble-t-il, le repas par excellence des voyageurs cassés. L’idéal est donc d’opter pour des petits casse-croûtes ou de se cuisiner des repas dans les cuisines des auberges et des campings croisés sur la route. La bière reste le seul alcool qui soit accessible, car le vin ou les spiritueux sont hors de prix.

Quoi faire?

Heureusement, la raison principale de votre voyage en Islande est pratiquement gratuite: les randonnées en pleine nature, l’observation de la faune et de la flore, l’ascension de volcans et la contemplation de paysages plus grands que nature. La plupart des parcs nationaux et des sites naturels classés sont gratuits, ce sont plutôt les activités en parallèle qui sont payantes comme la plongée, la baignade dans les sources d’eau chaude ou l’observation des baleines. Par exemple, une journée de relaxation au Blue Lagoon vous coûtera au bas mot 40 euros. En plus des sites naturels, les villages côtiers sont pittoresques et tout désignés pour un après-midi gratuit de flânerie. La visite des musées du pays est aussi une option à petit budget. Ces trois musées me semblent incontournables: le Musée National d’Islande qui retrace l’histoire du pays, le Musée Phallologique qui expose près de 300 phallus de plusieurs espèces et le Musée en plein Árbær qui présente un parcours immersif à travers des reconstitutions de villages typiques d’autrefois. Il existe une carte touristique, la Reykjavik City card, qui vous offre l’entrée gratuite dans certains musées et bains islandais, des rabais intéressants dans une dizaine de restaurants et à l’achat de tours guidés, ainsi que le transport gratuit dans la ville pour une durée de 24, 48 ou 72 heures. Je vous conseille évidemment de participer à une visite guidée gratuite de la capitale pour vous donner un premier aperçu de l’histoire, de l’urbanisme et de la géographie de la ville.

En terminant, je constate que visiter l’Islande à bas prix peut sembler complexe, mais avec un peu d’organisation et de débrouillardise, ces billets d’avion achetés à un prix très abordables vous permettront de découvrir un pays atypique et incroyablement beau à peu de frais. Pour en savoir encore plus, voici des liens supplémentaires:

Idées d’itinéraires

Petit budget

Autres

Sources principales

Le Routard: http://www.routard.com/guide/code_dest/islande.htm

Les carnets de traverse: http://www.carnets-de-traverse.com/blog/voyage-islande-guide

Life with a view: http://www.livelifewithaview.com/10-awesome-and-free-things-to-do-in-reykjavik/

Lonely Planet: http://www.lonelyplanet.fr/destinations/europe/islande/islande

Trains

Il n’y a seulement que quelques marches qui nous séparent de la terre lorsque nous sommes à bord d’un train, cependant, dès que l’on monte à bord d’un wagon, c’est tout un univers qui nous distancie du monde.

On a toujours le temps de monter à bord d’un train. Eh non, je ne me prend pas pour la Josélito des blogueuse, mais bien pour une jeune femme qui savoure la lenteur alanguissante de ce moyen de transport. Qui est, soit dit en passant, mon préféré. Je me remémore ainsi les nombreux trains pris au cours de ma jeune vie et déjà, je ressens une urgence de coucher ces souvenirs sur papier, parce que c’est trop important, trop précieux pour oublier. Bien des trains déjà. Et que de souvenirs tendres! Des reminiscences paisibles qui me font revivre et ressentir le roulis régulier du train sur les rails.

Train 2

Mon premier souvenir ferroviaire remonte déjà à une vingtaine d’années. Certains pourraient croire qu’il s’agit du fruit de mon imagination bien fertile, mais je suis prête à jurer que ce baptême des rails, je l’ai bien vécu, croix de bois, croix de fer. Je peux même avancer avec certitude que ce premier voyage en train est probablement la pierre d’assise de mon insatiable envie de bouger. Je me revois, étendue dans le compartiment d’un train en mouvement et je peine à fermer l’oeil. Mon petit corps repose sur une large banquette prenant tout l’espace de cet endroit reclus où y sont également logées ma grand-mère Lucile et ma petite soeur, qui dort paisiblement entre nous deux. Je me tiens à quelques centimètres de la fenêtre, les ombres de paysages inconnus défilent lentement, nous nous dirigeons vers la Gaspésie. C’est un premier grand voyage sans mes parents dont je suis pleinement consciente, un premier voyage sur la terre de nos ancêtre pour bébé Luce. J’ai environ 4 ans et lorsque je suis couchée, je ne peux voir que l’immensité du ciel étoilé. Ma soeur roupille tranquille, un beau petit paquet de douceur en couches tout près de mon corps qui se tortille, j’ai déjà des regards de tendresse envers elle. Ma grand-mère me répète d’essayer de m’endormir, mais je ne peux tout simplement pas. Excitée par le voyage, je prend pour la première fois goût à ce sentiment d’évasion et de liberté.

Au fil de mon enfance, j’ai embarqué à bord de plusieurs trains en destination d’une brève aventure, d’un instant d’errance de trop courte durée. Nous empruntions souvent le train de banlieue pour nous rendre au centre-ville depuis l’Ouest-de-l’Île. Et c’était toujours pour des évènements spéciaux: une journée à la Ronde, un après-midi à bouquiner au Salon du livre, une ballade au Vieux-Port ou une visite dans un musée. Que la gare centrale était belle et grande! Je prenait part avec plaisir au brouhaha de ce lieu de passage, évidemment à une bien petite échelle à ce moment-là. Ensuite, l’adolescence est arrivée soudainement, avec des envie d’indépendance bien marquées. Le train était devenu le moyen de transport le plus rapide et facile pour me rendre à Montréal et dans les environs. Je sautais dans le train avec plaisir pour aller rejoindre mon insulaire lavallois d’amoureux. À l’âge de 18 ans, j’en ai convenu que ces petits trajets étaient devenus trop courts. J’avais envie de m’asseoir à bord d’un véritable train de passagers au long cours, pour collectionner les kilomètres et m’imprégner de coups d’oeil nouveaux déroulant devant mes yeux.

Train 4

C’est en France que j’ai réellement validé cette passion de globe-trotteuse. Nous avons sillonné l’Hexagone de l’Atlantique à la Méditerranée à bord de trains de multiples formes et vitesses. Les TGV étaient fantastiques autant que les TER étaient reposants. Pendant ces six semaines, j’ai chéri mon passe Eurail tout fripé autant que mon précieux passeport flambant neuf. À Paris, j’ai entendu le jingle de la SNCF résonner à mes oreilles pour la première fois, un doux son que j’ai toujours en mémoire, un vers d’oreille synonyme d’escapade. Le train était devenu pour moi plus qu’un simple moyen de transport, il me permettait, à peu de frais, de vivre ma passion pour le voyage au grand jour. L’heure de prendre le train était toujours un moment de fête. À chaque gare son accent, sa particularité régionale, ses appétissantes pâtisseries. L’années suivante, c’était un rêve d’Europe qui nous mena à reprendre un passeport ferroviaire multipliants les destinations et les découvertes. Se rendre de Paris à Bruxelles en quelques heures à peine était hallucinant; l’idée de traverser deux pays en l’espace d’un clignement de cils n’était plus impensable pour une citoyenne d’un pays aussi immense que le mien. Je traversait les frontières comme on collectionne des timbres. Les barrières linguistiques s’estompaient au fur et à mesure où les gares européennes se dévoilaient remplies de repères.

Train 7

À la recherche d’exotisme, j’ai décidé de troquer les vieux pays pour les grandeurs mythiques de l’Asie. Il est beaucoup plus simple de sauter dans un autobus lorsqu’on découvre l’Asie: le prix des billets est ridicule et le chauffeur passe littéralement nous prendre à notre auberge. Cependant, je cultivait toujours cette envie folle de prendre un bain de foule dans une gare asiatique. Finalement, c’est en Chine que j’ai monté pour la première fois à bord du plus looooooong et populeux trajet de train de ma vie.  Nous avions décidé de nous acheter (à la sueur de nos fronts) les billets les moins chers, ceux de troisième classe pour ce voyage entre Shanghai et Hong Kong. Premier choc: les voyageurs se précipitent dans les wagons à l’ouverture des portes. Ils sont chargés comme des mulets et bien souvent accompagnés de leur famille entière et, bien sûr, ils nous dévisagent lorsqu’on les suit. Le laborieux embarquement terminé, le doute que cette traversée du continent ne serait pas une partie de plaisir persistait. Vérification faite: les trains chinois sont effectivement intensément bondés et cacophoniques. En troisième classe nous partagions notre petit espace composé de deux banquettes avec cinq autres personnes, dont une jolie fillette étendue sur mes cuisses, suçotant avec plaisir pattes de poules après patte de poule. Une petite table entre les deux banquettes se faisant face composait notre seul et précieux avoir du trajet. Même au coeur de la nuit, les gens fument, rient, mangent et jouent dans les compartiments remplis à pleine capacité. Les lumières restent également allumées et de la musique retentit des hauts parleurs savamment disposés autour des passagers. Je n’ai que peu dormi durant cette vingtaine d’heures qu’a duré le trajet, mais j’avoue qu’à la simple vue des rizières verdoyantes parsemées de travailleurs au lever du jour, j’ai compris le pourquoi du comment de ma présence. Quelle aventure!

Train 3

Je n’ai pas beaucoup voyagé durant les années qui ont suivi ce périple extraordinaire, prise entre les études et mon nouvel appartement. Je l’avoue, j’ai souvent rêvé de reprendre la route durant ces six années de sédentarité. Ce n’est seulement que l’année dernière, en parcourant l’Inde que j’ai pu revivre le plaisir des heures passées à flâner dans un train. Nous avons parcouru l’immensité du sous-continent indien du sud au nord à bord de multiples trains et durant presqu’une centaine d’heures, mais toujours en sleeper class (3e classe)! Ce pays mérite  largement qu’on le visite à bord de wagons remplis de visages souriants et de saris multicolores, puisque la beauté des paysages ne se savoure réellement qu’au fil du roulis de la locomotive. Des vendeurs de nourritures et de masala chaï allègent le trajet tandis que les Indiens partagent généreusement leurs repas et d’intéressantes discussions sur les différences entre nos cultures. Nous choisissions immanquablement les couchettes supérieures afin de préserver notre sommeil de regards (ou de rongeurs) indiscrets ou afin de pouvoir s’y réfugier à notre guise pour dormir. J’adore dormir dans une  de ces couchette bien ferme, on s’y sent étrangement en sécurité et confortable. À bord d’un train, manger, dormir, partager et rire ont simplement toujours meilleur goût. J’attend impatiemment de continuer mes escapades ferroviaires et je rêve déjà de traverser l’immensité de la Sibérie et les steppes mongoles bien installée dans un wagon en mouvement…

À suivre! 

Worldpackers ou vivre à l’étranger à petit budget

Travailler et vivre à l’étranger gratuitement ou presque!

Les concepts de partage, d’échange et de communauté sont au centre de la mission que ce sont donnés les deux amis créateurs de la plateforme web Worldpackers. Idéal pour les voyageurs recherchant à acquérir et à utiliser leurs compétences en échange d’un toit et d’un couvert, le site de Worldpackers est tout indiqué pour se dénicher des hôtes accueillants. Il est maintenant rapide de connecter le voyageur en quête d’expériences culturelles dépaysantes et l’hôte à la recherche d’une main-d’oeuvre volontaire et bien utile. L’objectif de Worldpackers est clair: démocratiser et multiplier les expériences de voyages réellement significatives d’un point de vue culturel et social pour en faire bénéficier le plus grand nombre. Les principales valeurs mises de l’avant par les concepteurs et les participants sont la collaboration, la valorisation de l’expérience et des compétences, l’apprentissage en continu et la création d’un esprit de communauté mondiale.

YOLO

Ce qui est intéressant avec Worldpackers, c’est qu’on a le loisir de choisir une destination en fonction de nos talents, de la région du monde que l’on souhaite visiter et de la longueur du séjour souhaité. Les compétences recherchées pour participer à un projet vont de la simple vie d’auberge (administration, ménage, réception, etc.) à des talents artistiques (peinture, photographie, musique, etc.) en passant par l’éducation (cours de langue, visites guidées, etc.) et la maîtrise du numérique (programmation, gestion de médias sociaux ou réalisation de vidéos). Vous devez donc cocher ce qui vous intéresse pour obtenir une recherche liée à vos compétences ou à votre destination préférée. En regardant les options qui vous sont offertes, vous pouvez également choisir le nombre d’heures de travail par semaine, le type de logement et la quantité de repas offerts!

wanderlust

Par exemple, si je sélectionne l’option « Tour Guide » qui se retrouve dans la catégorie « Hostel Life » j’ai une grande liste de 116 auberges qui sont prêtes à me recevoir. Je peux également raffiner mes critères de sélection en indiquant, par exemple, que je recherche une auberge située près de lieux historiques intéressants à visiter et que je recherche une expérience hors des sentiers battus. En indiquant tous ces critères, j’obtiens finalement une sélection de 9 auberges. Parmi ces choix, je pourrais me rendre en Hongrie et travailler 40 heures par semaine, au Brésil pour donner 20 heures de mon temps hebdomadairement ou me rendre à Zagreb en Croatie! En ce qui concerne les points négatifs de l’expérience, je constate que l’on ne retrouve pas suffisamment une grande variété de destinations offertes, la plupart d’entre elles se situent en Amérique centrale, en Europe de l’Est ou en Asie du Sud-Est. Il se peut également que beaucoup d’hôtes ne fournissent pas le repas, ce qui est quand même dommage. Finalement, vous devez débourser quelques sous pour réserver votre séjour, donc ce n’est pas totalement gratuit. Fiez-vous également au nombre de voyages effectués à l’endroit que vous avez sélectionné, ça peut être une bonne indication de l’ambiance qui règne et de la popularité de votre prochain lieu de travail. Habituellement, les hôtes laissent des descriptions complètes pour les postes, à vous de vous renseigner et d’en apprendre davantage sur les lieux et vos futurs patrons. Pour vous donner envie de partir, vous n’avez qu’à vous rendre sur le site https://www.worldpackers.com/ ou aller faire une tour sur leur page Facebook. Bonne découverte de Worldpackers!

Hostel

Mes comptes Instagram préférés (partie 2)

Mes comptes Instagram préférés ou voyager par procuration

En cette deuxième partie de l’exploration des plus beaux comptes spécialisés sur le voyage d’Instagram, je continue de vous livrer quelque-unes de mes découvertes récentes et mes instagrameurs favoris. N’oubliez surtout pas d’aller faire un tour sur le compte d’ Aller-Détour. Maintenant, à vous de découvrir mes chouchous!

Les minimalistes

Romain Colin: Avec son oeil de directeur artistique de Fubiz, Colin offre de magnifiques photographies minimalistes et linéaires de détails architecturaux splendides.

Inside the Oculus of New York

Une photo publiée par Romain Colin (@romaincolin) le

Smaracuja: Voici un flux de photographies plus féminin, mais tout aussi magnifique et des plus personnels. Originaire de Berlin, Nina documente sa vie quotidienne en captant des images diverses et tellement vraies.

#asundaycarpic of a beautiful yellow Renault 4 💛

Une photo publiée par Nina HB (@smaracuja) le

Grandeur nature

Alex Strohl: Grand amateur de plein-air, ses photographies nous présentent une nature insoumise et grandiose.

Jordan Herschel: Un autre aventurier des grands espaces, qui joue avec des filtres colorés pour nous donner un aperçu des beautés chromatiques de la nature et de ses perpectives renversantes. 

Enjoying a sunset over the Pacific, and watching the water cycle begin again. Life finds a way.

Une photo publiée par snapchat // jordanherschel (@jordanherschel) le

Great North Collective: Les paysages pittoresques et les beautés iconiques du Canada servent de toile de fond pour ce collectif de photographes amateurs de nature.

You’ll know when you get there. // photo by @monascherie #greatnorthcollective

Une photo publiée par Great North Collective (@greatnorthco) le

Clo&Clem: Ce compte est des plus classique, bien invitant et simple. On raconte ici les pérégrination de deux amoureux du voyage, tout simplement.

Les colorés

Muradosmann: Peut-être reconnaîtrez vous ce photographe qui compte aujourd’hui près de quatre millions d’abonnés. Ses clichés ont tous un point en commun: le sujet de la photo est toujours découvert par la femme de l’artiste qui guide ses pas. Idée assez originale, bien que les clichés soient aujourd’hui un peu trop travaillés à mon goût.

Muetc: Vous aimez le bleu dans toutes ses déclinaisons? Suivez ce compte pour assouvir vos envies d’azur avec ses clichés dignes du plus beau camaïeu.

The world needs serenity… | le monde a besoin de sérénité… #myBluetifulWorld

Une photo publiée par Mu(rielle) Etc… (@muetc) le

Helloemilie: Des images du monde déclinées dans des teintes pastels et douce sauront vous charmer et même vous réconforter durant une journée nuageuse de fin d’hiver.

Dreaming of spring…💕🌷🍃💕🌷🍃

Une photo publiée par Emilie Ristevski (@helloemilie) le

Astuces pour économiser sur vos billets d’avion

Plus besoin d’être riche pour voyager!

Qui n’a jamais rêvé de se marier avec un(e) pilote d’avion qui nous ferait visiter *GRATUITEMENT* le monde à bord de son avion privé? Ouin, ok, c’est peut-être juste moi finalement…

J’ose croire que le désir de parcourir le monde n’a pas de prix. Cependant, je réalise que le coût du vol peut grandement influencer le choix de la destination et même la longueur du périple. À défaut de vous envoyer à chacun un billet aller-retour pour la destination de votre choix, je vous dresse ici une liste des astuces que j’utilise pour trouver des billets d’avion à petit prix.

Photo aventurier

Comparateurs de vols

Mon premier réflexe lorsque je décide de partir en voyage est de me rendre sur un comparateur de vols afin d’avoir une petite idée de ce que je devrai débourser pour me rendre du point A au point B. Naviguer sur un site tel que Kayak devrait être votre première grande étape du processus. Cet outil est simple à utiliser, sécuritaire et se décline même en une application fort pratique à installer sur son téléphone mobile. Kayak vous redirige parfois directement sur les sites des compagnies aériennes et vous donne l’heure juste concernant le réel prix du billet. Il est même possible de créer des alertes de prix personnalisées qui vous indiquent LE moment idéal pour faire judicieusement votre achat. Je vous conseille également d’obtenir une seconde opinion. En faisant une recherche en parallèle sur un autre comparateur de vols fiable comme Google Vols, vous serez certains de ne pas vous faire avoir. Un autre bonus des comparateurs de vols est qu’ils produisent des calendriers en fonction de vos recherches pour vous indiquer la journée du mois où le prix de votre billet est au plus bas!

Board aeroport

Faire des recherches directement à la source

Je vous conseille également d’aller vérifier les prix affichés directement sur le site de la compagnie aérienne dénichée via les comparateurs de vols pour vérifier si le fait d’acheter vos billets d’avion directement à la source pourrait vous faire économiser. Vous pouvez également vous abonner à l’infolettre de la compagnie x pour être assuré de recevoir les spéciaux avant tout le monde! Je m’abonne également à une panoplie de pages Facebook de compagnies aériennes populaires pour que mon flux d’actualité soit des plus joyeux.

Flexibilité

On le répète sur tous les forums, blogues et sites en tous genres qui traitent du voyage: la clé de l’économie sur les billets d’avion se trouve dans la flexibilité du voyageur. Vous pouvez partir et revenir (ou pas) quand bon vous semble?  Vous êtes même indécis sur la destination de vos rêves? Quelle chance! Vous pouvez donc aisément jouer avec les dates pour trouver la ville, le pays, ou la région qui vous fera économiser sur votre prochain vol. Un outil que j’ai également beaucoup utilisé lorsque j’habitais à Paris est le site de Skyscanner. Sur ce site, vous pouvez faire des recherches en fonction des dates où vous êtes disponible pour voyager, sans toutefois avoir à indiquer une destination au préalable. Le moteur de recherche vous fournira gentiment l’endroit le plus accessible pour votre petit portefeuille! Cool, non? Également, je vérifie toujours si les aéroports plus achalandés qui se trouvent à proximité offrent des prix plus alléchants. Évidemment, vous devez garder en tête le temps et le montant à débourser pour s’y rendre et vérifier s’il s’agit vraiment d’une économie. Par exemple, j’essaie toujours de changer mon point de départ (Montréal) pour New York ou Toronto.

Paysage bleu

Prendre le temps

Si vous êtes comme moi, le seul fait de passer des heures à chercher le billet d’avion le moins cher vous réjouit au plus haut point, tant mieux! Vous connaissez les codes aéroportuaires de plus de dix destinations par coeur? On est fait pour s’entendre. Répétez vos recherches souvent et changez de moment de la journée, de journée dans la semaine et ainsi de suite pour optimiser vos résultats. Il semblerait que les billets d’avion soient moins chers si vous vous les procurez durant la nuit (entre 1h et 4h du mat) le mardi, le mercredi ou le samedi. J’avoue je que ne l’ai jamais testé, à cette heure-là, je suis trop occupée à rêver à ma prochaine évasion. Pour ce qui est de l’achat à la dernière minute, la plupart des articles ne conseillent pas aux acheteurs d’attendre trop longtemps, car le prix des billets fluctue en fonction du prix de l’essence. Pour ma part, j’ai déjà acheté des billets ou des forfaits vacances pour le sud à petit prix une semaine avant de partir, mais c’est un coup de dés. Aussi, essayez de parfaire votre enquête sur différents fureteurs ou ordinateurs pour éviter que le moteur de recherche et les sites (à l’aide de cookies) retienne vos habitudes, bref pour brouiller les pistes.

Sautez sur les Low Cost

Bon, je dois vous avertir que je ne suis pas trop exigeante côté « bien-être » dans un avion. Je ne suis jamais à l’aise de voler à des milliers de pieds dans les airs, mais je suis prête à mettre mon confort de côté pour économiser 50$. J’ai déjà voyagé de Paris à Dublin pour une vingtaine d’euros dans un avion en plastique qui menaçait d’imploser sous les forts vents de la côte irlandaise. À l’opposé, j’ai aussi voyagé à bord d’un appareil de Turkish Airlines (ze best!) où ils nous servaient des gâteries turques, qu’ils s’assuraient de notre confort en nous fournissant une trousse de voyage toute garnie et un bar à sandwich et muffin illimité. Je vous conseille d’essayer au moins une fois une compagnie comme Ryanair, Air Asia, WOW Air ou bien Tiger Airways où vous pourrez voyager à des prix dérisoirement bas et vous en vanter pendant de nombreuses années. Attention, ces compagnies s’enrichissent sur le dos des voyageurs qui ont de trop grosses valises à enregistrer. Dès que vous dépassez la taille d’un carry-on, la facture est salée! J’ai déjà été témoin d’un homme qui retournait à la maison depuis l’aéroport parce que son supplément bagage lui revenait à environ 200 euros, soit dix fois plus que le prix de son billet. Oups! Je privilégie donc de transporter mes trucs dans un petit sac à dos que je garde à mes côtés avec quelques collations à l’intérieur (il n’y a pas de nourriture fournie gratuitement dans les vols low cost) et une bouteille d’eau remplie après avoir passé les douanes. Si vous avez trop de vêtements, l’option « pelure d’oignon » est aussi rigolote.

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De bienheureux accidents

Pour terminer, voici quelques joyeux accidents qui vous permettent d’économiser! Je rêve d’être surclassé en première classe un jour, alors je souris toujours aux préposés à l’embarquement. Imaginez-vous vous prélasser sur votre siège-lit inclinable, sirotant une flûte de champagne en mangeant des fraises fraîchement trempées dans une fondue au chocolat. Tout ça, sans dépenser un cent de plus. THE DREAM. Également, les compagnies aériennes se trompent parfois dans les tarifs affichés sur le web pour leurs vols. Par conséquent, il faut être attentif à la moindre bévue et attendre patiemment, la carte de crédit à la main, pour acheter un billet d’avion presque donné. Abonnez-vous à la page Facebook de Yulair et à leur infolettre, ils sont les meilleurs en ville pour trouver les failles dans le système. J’y ai déjà vu passer des billets pour Hong Kong à moins de 500$ a/r, une erreur qui change considérablement la donne. Finalement, si votre avion est rempli à pleine capacité ou même surbooké et que vous n’êtes pas pressé, offrez-vous comme volontaire pour prendre un autre vol plus tard. En règle générale, les compagnies aériennes fautives vous dédommageront avec des cartes cadeaux échangeables contre vos prochains billets. Laissez-vous toutefois désirer, les montants de ces crédits fluctuent en fonction du temps passé pour trouver un aimable volontaire!

DIY: vos voyages comme art mural

Inspiration du jour: art mural créatif

J’ai décidé de mettre à profit mes heures d’errance sur Pinterest pour plonger à pieds joints dans la « DIY Life » en concevant un mur créatif parsemé d’éléments personnels et de parcelles de souvenirs. Je me suis donc guidé de plusieurs épingles choisies sur Pinterest. Évidemment, j’ai privilégié celles qui illustrent les dernières tendances du moment en matière de wall art. Après m’être inspirée suffisamment, j’ai rassemblé en une collection créative, plusieurs pièces qui me rappellent d’agréables moments de ma vie. Finalement, l’outil par excellence à employer pour lier et coller tous les éléments au mur en apportant une touche personnelle et jolie, est tout simplement le washi tape, mon meilleur allié déco.

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Peu dispendieux, le ruban adhésif japonais ou washi tape, se décline en plusieurs tons et motifs qui se posent et se recollent sur presque toutes les surfaces. Vous pouvez ainsi décider d’apposer un faux cadre autour de votre image ou de simplement couper un petit morceau d’adhésif pour faire tenir le tout. J’ai fouiné dans mes boîtes à souvenirs pour retrouver des morceaux clés de mes voyages à intégrer à mon projet, j’en ai sélectionné une trentaine. 

Sur mon mur créatif on retrouve:

  • Des billets et pièces de monnaie étrangers;
  • Un bâton d’encens acheté au Sri Lanka;
  • Des portraits de type Polaroïd de mes parents;
  • Des découpures de catalogues de voyage;
  • Des invitations au vernissage d’une exposition pour laquelle j’ai travaillé;
  • Une jolie carte d’anniversaire d’une amie;
  • Un collier en bois trouvé à Varanasi;
  • Du papier japonais aux motifs vibrants, etc.

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J’ai préalablement conçu l’agencement de ces artefacts pour avoir une vue d’ensemble. J’ai tout positionné les éléments de mon mur créatif au sol avant de venir les fixer au mur de mon salon à l’aide de trois variétés d’autocollants. J’ai privilégié les teintes mint, chartreuse et argenté pour mon washi tape afin de complémenter mes murs verts et gris. Maintenant que vous avez les bases, je vous conseille de laisser aller votre imagination afin de créer vous aussi un mur créatif à votre image. Pour plus d’inspiration, voici une sélection d’épingles tirées de mon tableau DIY sur Pinterest.

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Le Mile End: quartier le plus branché au monde?

Le Mile End a été élu quartier « le plus cool au monde » cette semaine par le site HowITravel. Mythe ou réalité?

Quartier en perpétuel changement, véritable lieu de passage et de transition, le Mile End est aujourd’hui considéré comme la plaque tournante du Montréal culturel et indie, puisque les artistes, musiciens, designers, cinéastes et écrivains y ont dorénavant pignon sur rue. On n’a qu’à parcourir quelques mètres sur les artères majeures du quartier pour constater le récent embourgeoisement des lieux, depuis l’arrivée entre autres des bureaux d’Ubisoft dans l’édifice Peck sur le Boulevard St-Laurent, une ancienne usine employant les ouvriers du quartier.

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Ce ne fut cependant pas toujours le cas, puisque les historiens et urbanistes parlent d’une revitalisation tardive du quartier, soit à partir des années 1980. « Une plongée dans les racines du quartier permettra de découvrir que c’est précisément cette vocation de lieu de passage qui a contribué à faire du Mile End un espace unique : dès le début du 20e siècle, la cohabitation de plusieurs groupes ethniques parlant de nombreuses langues, appartenant à des classes sociales et à des religions diverses y est la norme. «No mans land» coincé entre l’Est canadien-français catholique et l’ouest anglo-protestant, le Mile End constitue un espace de métissage social et culturel où l’empreinte de ces générations est toujours visible. » (Mémoire du Mile-End).

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Géographiquement, cet ancien « No mans land » qu’est le Mile End est confiné entre la voie ferrée du Canadien Pacifique au nord, l’avenue du Mont-Royal au sud et les rues Hutchison à l’ouest et Henri-Julien et de Buillon à l’est.  Si on se penche quelque peu sur l’histoire du Mile End depuis ses origines, on constate rapidement un clivage assez précis entre ces différentes phases d’établissement du petit quadrilatère qu’est le Mile End.

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Entre les années 1850 et 1890, on parle d’un village, Saint-Louis-du-Mile-End, qui s’étend aux portes de la ville de Montréal, à environ un « mile » du Montréal d’alors. Déjà divisé en deux secteurs, à l’est on retrouve une frange d’ouvriers et d’artisans canadiens-français et catholiques qui avoisinent les chantiers et les carrières prospères de Montréal et à l’ouest, une zone plus agricole qui sert également de « terrain de jeu campagnard pour l’élite anglophone qui y possède des villas, vergers, champs de courses et terrains de chasse. » (Mémoire du Mile-End). Nommée à partir de 1895, la ville Saint-Louis doit son expansion à la deuxième phase de la révolution industrielle qui amène une rapide urbanisation de la Métropole et à l’implantation d’une gare du CP qui reliait la ville avec les Laurentides et les campagnes environnantes. Cette petite ville sera annexée à Montréal en 1910 et reste majoritairement ouvrière à l’est alors que de grands projets immobiliers sont en marge dans l’ouest plus fortuné.

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Les années 1920 à 1950 marquent l’âge d’or de la culture yiddish, le Mile End est alors l’épicentre juif de Montréal. La deuxième grande vague d’immigration juive en provenance de l’Europe de l’Est coïncide avec la montée de l’antisémitisme et la guerre en Europe. Les nouveaux immigrants s’installent et forment ainsi une communauté assez homogène, entièrement aux antipodes de la précédente vague d’immigration juive du 19e qui, elle, s’est davantage assimilée à la communauté anglophone de Montréal. L’immigration d’après-guerre (1950-1980) laisse place à de nouvelles communautés ethniques désirant s’installer dans un Montréal de plus en plus accueillant et multiethnique. Les Ukrainiens, Grecs, Italiens et Portugais prennent d’assaut le Mile End qui est encore assez accessible pour ces nouveaux arrivants. Finalement, depuis les années 1980, « la vague actuelle, qui peut être qualifiée de celle du «retour», car ce sont souvent les enfants de ceux qui ont quitté le Mile End qui y reviennent pour lui donner son caractère contemporain. » (Mémoire du Mile-End).

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Aujourd’hui, les boutiques, galeries d’art et cafés indépendants fleurissent au fil des mois et diversifient une faune urbaine déjà bigarrée. Les nouveaux venus côtoient sans gêne les piliers gourmands, culturels et patrimoniaux du quartier, de véritables noyaux durs du Mile End tels que Wilensky’s Light Lunch et le café Olympico par exemple. Vous ne serez pas non plus surpris de croiser sur votre chemin une famille juive hassidique sortant faire les courses, des hipsters flânant de café en café ou des jeunes bobo à la quête de l’appartement parfait.

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C’est justement cette dichotomie urbaine et humaine qui donne au promeneur l’impression de découvrir une ville dans une ville. En effet, vous pouvez dans la même journée vous acheter une fournée de bagels encore chauds, déguster un smoothie vegan devant un spectacle d’électro-pop, jouer au ping-pong un drink à la main ou admirer le street art en mangeant un tagine entre amis. « Avec ses petites rues bien alignées où se dressent des maisons de deux étages, ses ruelles parsemées de jardinets, son atmosphère bohème, le Mile End a de faux airs du Village new-yorkais des glorieuses sixties, poussant la ressemblance jusqu’à avoir lui aussi une Little Italy comme voisine. » (Le Monde). Ce quartier est aujourd’hui un des endroits les plus en vogue de la métropole et même la capitale canadienne de la création musicale! Qu’attendez-vous pour y faire un tour?

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Sources:

http://memoire.mile-end.qc.ca/fr/histoire-du-quartier-mile-end-prologue/

http://histoireplateau.canalblog.com/archives/2006/07/30/2383607.html

http://www.concordia.ca/content/shared/fr/actualites/central/nouvelles/2011/10/11/le-mile-end-sous-la-loupe.html

http://www.lemonde.fr/voyage/article/2011/10/05/a-montreal-le-quartier-de-mile-end-pionnier-et-alternatif_1540693_3546.html

 

Inspirations DIY et tutoriels pour âmes voyageuses

Si vous êtes comme moi, vous pouvez passer des heures à faire défiler des milliers et des milliers d’épingles sur Pinterest sans vous lasser. C’est un véritable plaisir d’y découvrir les nouvelles tendances en matière de loisirs créatifs (DIY) et de design. Je vous ai déniché quelques épingles et inspirations afin de décorer votre appartement pour qu’il reflète votre incessante envie de voir le monde, tout en respectant votre petit budget.

1. Un « skyline » minimaliste en ruban adhésif japonais (washi tape). Cette idée ultra simple et rapide donne beaucoup d’allure à une pièce morne aux murs blancs. Il suffit de tracer l’horizon d’une ville que vous avez aimé visiter (ou simplement laisser aller son imagination) pour créer une tête de lit originale,tendance et très abordable.

Washi horizon

2. Boîtes à souvenirs. Vous avez beaucoup de souvenirs de voyages qui prennent tranquillement la poussière dans un coin et vous ne savez pas quoi en faire. Vos billets de train, cartes postales et jolis papier de friandises ne seront plus jamais laissés derrière avec ces mignonnes petites boîtes aux trésors! Il ne suffit que quelques petites caisses de bois, des stencils à faire sur mesure et un peu de teinture pour que ces boîtes à souvenirs s’agencent parfaitement à votre décor.

Boîtes souvenirs

3. Globes terrestres en fil de fer. J’adooooooooore cette idée magnifique et tellement design. Malheureusement, il n’y a pas de tutoriel associé à cette petite merveille. Cependant, je trouve que c’est une superbe inspiration pour créatifs aventuriers n’ayant pas peur de se fatiguer les doigts à force de plier et déplier le fil de fer. Un jour, je tenterai le coup de le réaliser moi-même, promis!

Globes minimalistes en fer

4. Recyclage et revitalisation d’anciennes valises. Ces différents DIY permettent deux choses l’une : primo d’enjoliver un décor qui manque de dynamisme et, secundo, de pouvoir voyager dans le temps et dans l’espace en faisant le tour des marchés aux puces, des brocantes et des sous-sols d’églises pour trouver les plus jolies valises anciennes qui soit.

Valise table café

5. Corde à linge pour photos de voyage et cartes postales. Simple, rapide, efficace. Suspendez vos plus belles photos et cartes postales sur un fil de fer ou une belle corde en jute et le tour est joué! Vous pouvez même emprunter les pinces à linge de votre voisin et les enjoliver par un peu de peinture ou de ruban adhésif japonais.

Corde à linge pour photos

Mes comptes Instagram préférés (Partie 1)

Voyager par procuration

Cette semaine, j’ai troqué mon compte personnel pour sauter à pieds joints dans l’aventure Aller-Détour sur Instagram. Ainsi, j’ai décidé de vous partager mes récentes découvertes en matière de comptes spécialisés dans le  partage de clichés sur le voyage. J’espère vous donner la piqûre afin que vous trouviez vous aussi une fenêtre ouverte sur le monde via cette application bien utile pour voyager par procuration. Ce que j’aime des comptes que je vais vous présenter ci-dessous, c’est que ces utilisateurs assidus sont comme moi des passionnés de voyage qui cherchent à partager leurs souvenirs, anecdotes et moments captés sur le vif à cette immense communauté intéressée par l’évasion. J’aime particulièrement les clichés flous, léchés, artistiques qui illustrent des contrées lointaines en Technicolor ou en superbes lignes droites. J’aime les comptes plus minimalistes aux tons pastel aériens comme les flux éclectiques ou bien rangés. J’adore les membres présents et actifs, généreux avec leurs abonnés. J’apprécie particulièrement quand on sent l’amour de la découverte à travers les photos qu’on semble feuilleter un album photographique plus personnel. J’aime qu’au premier regard des petites vignettes, je puisse comprendre le ton, l’angle d’un nouvel abonnement et qu’il me tarde de l’ajouter à ma collection. Maintenant, à vous de les découvrir!

Les grands favoris

David Hagerman: Présent essentiellement en Asie du Sud-Est, il croque de magnifiques clichés du mode de vie des habitants, essentiellement de leurs savoureux repas. La maîtrise du sujet est parfaite, on a l’impression d’être sur le terrain, à ses côtés.

Bounty from the sea. Chow Rasta market, #georgetown #travel

Une photo publiée par David Hagerman (@davehagerman) le

 

Carnets de traverse: Un soin curatorial particulier émane de ce compte tenu par deux blogueurs. J’aime particulièrement, les marques de changement de destination que ce soit par un lettrage intéressant ou une exposition d’une petite collection d’objets représentant le prochain pays présenté.

 

Vagabondanse: Le compte de Samantha F a des airs de reportage ethnographique. Les photos semblent avoir été prises pour documenter et figer dans le temps des détails architecturaux des plus intéressants. Les teintes des images vous rappelleront la nature au printemps qui reprend tranquillement vie.


 
Passion Passeport: On sent tout de suite l’esprit de communauté et de partage qui émane de ce flux un peu bigarré. Il s’agit d’une communauté de photographes partis faire des projets caritatifs à l’autre bout du monde et qui témoignent de leurs aventures.

 

Vutheara: Magnifiques photos de Paris, une ville que j’adore, et de la France. Ses portraits et ses photos de voyage sont aussi dignes de mention.

Mum and her baby waiting the train, Mandalay, Myanmar

Une photo publiée par VuTheara Kham (@vutheara) le

6 chansons australiennes pour vous préparer à l’été

L’hiver tirant à sa fin (euh… ne pas regarder dehors…), nous pouvons commencer à nous préparer mentalement au printemps, puis à l’été qui s’en vient! Je vous suggère donc d’écouter ces chansons à sonorité estivale qui m’ont aidé à oublier le froid des dernières semaines et me donner l’impression que je roulais dans l’outback australien dans un jeep, vêtu d’un habit de ranger beige.

1. The Cat Empire – Bulls

But if I woke up, if I woke up
The other side of dawn, the other side of me
I’d be the avalanche; I’d be what’s wrong
And I’d be everything I wasn’t made of

 

2. Blue King Brown – Rize Up

Sooner or later the time must arrive
To open your hearts now and open your minds
The hotter the fire, the brighter our flame
Never trust a system that’s got you in a ball and chain

 

3. John Butler Trio – Better Than

All the time while you’re looking away
There are things you can do man
There’s things you can say
To the the ones you’re with
With whom you’re spending your today

 

4. Daryl Braithwaite – One Summer

*Attention, un retour aux ’80s…

Started out last night, I was thinkin’ of days gone by
Of the times I’ve had, And the things that I’ve left behind
Some change, some die, Still we manage to survive
It’s knowin’ when and what to do, It’s up to you

 

5. Paul Kelly – Dumb Things

And I get all your good advice
It doesn’t stop me from going through these things twice
I see the knives out, I turn my back
I hear the train coming, I stay right on that track

 

6. Cold Chisel – Khe Sanh

*Plaisir coupable…

Well the last plane out of Sydney’s almost gone
Yeah the last plane out of Sydney’s almost gone
And it’s really got me worried
I’m goin’ nowhere and I’m in a hurry
And the last plane out of Sydney’s almost gone

 

EN BONUS: Je ne sais pas si ça fait été, mais saviez-vous que cette chanson était chantée par des aussies?

Les « shoe boxes house » de Montréal

Habitant dans le quartier Rosemont-Petite-Patrie depuis quelques années déjà, j’ai rapidement remarqué à mon arrivée la présence de jolies petites maisonnettes dans le voisinage. Curieuse de nature, je me suis intéressée à ces « anomalies » urbaines de mon quartier, rêvant même un jour d’habiter l’une de ces jolies chaumières. Au fil de mes recherches, j’ai découvert l’existence du phénomène des «shoe boxes house» de Montréal, de petites maisons revêtant aujourd’hui un caractère patrimonial fort intéressant. J’ai décidé de fouiller le sujet plus en profondeur pour tenter de comprendre l’histoire de leur provenance dans le paysage urbain montréalais.

«Les «shoe boxes», ces petites maisons qui ont survécu au passage du temps à Montréal, attirent le regard. Dans le paysage urbain, elles détonnent. » (La Presse). Ces maisons unifamiliale à un étage contrastent dans les quartiers autrefois populaires de Villeray, de Verdun et de Rosemont, qui sont aujourd’hui en proie à un embourgeoisement rampant. On retrouve ces petites demeures dans des voisinages constitués essentiellement de duplex et de triplex souvent centenaires. Aujourd’hui menacées de démolition, les «shoe boxes house» sont les cibles prisées des promoteurs immobiliers qui cherchent à acquérir des terrains qu’ils considèrent sous-occupés par ces constructions particulières dans des quartiers de plus en plus en vogue.

La construction de ces petites unifamiliales devient possible au tournant du XXe siècle, alors que le tramway de Montréal s’étend outre le centre-ville pour permettre aux ouvriers moins nantis de s’installer en périphérie du centre de Montréal. Ces familles plus pauvres évitaient ainsi la misère et l’insalubrité des bidonvilles ouvriers près du Port. Ces miniatures constructions représentaient donc le seul espoir pour ces familles nombreuses de posséder une maison, bâtie à peu de frais sur des terrains moins coûteux que dans le centre-ville. Loin de ressembler à des bungalows de style américain plus communs dans les quartiers excentrés de Montréal, ces petites maisons ont le toit totalement plat pour permettre de futures expansions architecturales comme l’ajout de deux ou trois étages supérieurs. «Ces maisons sont très significatives, car elles sont le premier accès à la propriété de Montréal pour les classes populaires », résume David Hanna, Professeur au département d’études urbaines à l’Université du Québec à Montréal et ancien président d’Héritage Montréal (La Presse).

Un autre élément très intéressant de la petite histoire de ces maisons, est la provenance des matières utilisées pour les bâtir. Les «shoe boxes house» étaient souvent construites avec des matières « empruntées » à très long terme dans les chantiers et les manufactures de l’Est de la ville. « Les terrains des usines Angus, construites à la même époque pour réparer et fabriquer du matériel ferroviaire, ont souvent servi de magasin à ciel ouvert. » (La Presse). Ce sont donc des matériaux originaux et hétéroclites tels que des vieux journaux ou des traverses de chemin de fer qui se retrouvent encore aujourd’hui dans les charpentes, les murs et les plafond de ces petites demeures bien attachantes. Construites à moindre coût (environ 500$ à l’époque ce qui équivaudrait à 9,500$ actuellement), elles sont toutefois d’une robustesse étonnante. Comme quoi, ce sont dans les petits pots que l’on retrouve les meilleurs onguents!

Sources:
http://www.lapresse.ca/maison/architecture/201411/19/01-4820579-trois-histoires-de-shoe-boxes.php
http://spacing.ca/montreal/2009/03/23/montreals-shoeboxhobbit-houses/

Les photos suivantes de «shoe boxes house» ont été prises dans les rues Molson, 1re Avenue et 2e Avenue à Rosemont-Petite-Patrie.

 

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Les figues de la Boqueria

Véritable temple de la gourmandise assumée, le Mercat de la Boqueria ou marché de la Boqueria est une institution plusieurs fois centenaire située au coeur de la ville de Barcelone, voisine de la Méditerranée et de la vieille ville. Ce célèbre marché constitue aujourd’hui une halte obligatoire pour les amateurs de produits espagnols de grande qualité; les victuailles qui y sont vendues sont d’une fraîcheur exceptionnelle, un véritable musée pour les papilles. Les lieux sont également magnifique; ne manquez pas de zieuter les grandes arches métalliques et les vitraux Art nouveau qui forment la structure extérieure du marché. L’arche d’entrée franchie, on se laisse facilement emporter par le bourdonnement humain incessant et ce, à toute heure du jour. Cet impressionnant marché couvert se trouve à quelques pas de la Rambla, l’avenue mythique et de la capitale catalane. Bien qu’il soit aujourd’hui célèbre et achalandé, le Mercat de la Boqueria a connu des débuts plutôt modestes qui dateraient du début du XIIIe siècle.

J’ai visité, trois fois plutôt qu’une, la Boqueria en septembre 2013, lors de ma première visite dans la magnifique et chaleureuse ville de Barcelone. J’ai pris un malin plaisir à m’y perdre, sillonnant les allées à tâtons, entre les touristes béats et les Barcelonais jouant du coude pour faire leurs emplettes quotidiennes. En pénétrant ce palais de la goinfrerie, on perd un peu ce sens inné de l’orientation du voyageur expert, nos facultés sont affaiblies, littéralement. Les couleurs chatoyantes obligent l’oeil du néophyte à scruter tous les kiosques débordants en quête de repères. Les délicieux fumets se multiplient, se mélangeant dans nos narines au fil de la déambulation. Les cris joviaux des marchants en quête de clients déjà appâtés et le crépitement des mets qui cuisent font tendre l’oreille.  Et que dire des papilles. Les miennes ne furent pas en reste. Saucisson ibérique, huîtres savoureusement citronnées, fromage frais du pays et autres gourmandises se sont rapidement entassées dans nos sacs. Et que dire des figues fraîches. Mes premières figues fraîches à vie. Quel délice!

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Séduisante Medellín

Toi, voyageur immobile!
Que connais-tu de la Colombie?
Peut-être beaucoup, et peut-être aussi bien peu de choses.

La drogue, les cartels et la fuite à toute jambe?
Les plages, le rhum et les pirates?
Les montagnes, les fruits exotiques et les fleurs exportées?

Depuis ces dernières dix années, la Colombie a bien changé.

En mai 2014, j’y ai passé deux semaines dans une ville, lovée au creux des montagnes de l’Antioquia, j’ai nommé ma douce et diaprée, Medellín. Cette ville m’a fait de l’œil, tant et si bien que j’en suis tombée littéralement sous le charme! Elle a su accaparer toute mon attention et même aujourd’hui, j’avoue chercher des prétextes pour y retourner!

À la question : Est-ce que Medellín est une femme ou un homme?
Je réponds ceci.

Medellín est une femme suave sachant se faire désirer et pourtant elle se laisse facilement séduire. Son tempérament est changeant, au rythme des nuages et des pluies qui passent. Medellín n’est pas rock. Elle n’est pas ballet classique. Elle est tango. Toujours sur la corde raide, amour-haine, attraction-répulsion.

En déambulant dans cette ville, un dimanche après-midi, j’ai pu voir la Medellín touristique, mais aussi la Medellín populaire. Familles et amis se rencontrent dans les parcs, dans les rues, échangent, rient et roulent à bicyclette. Acheter une bière à un vendeur ambulant, la boire le soleil plein le visage et simplement, être bien là où nous sommes; c’est là un plaisir du dimanche qui semble avoir une saveur de tous les jours ici.

En prenant le métro, puis le métrocable direction Santo Domingo, nous avons plongé dans la vie de ce quartier juché à flanc de montagne. Oui, lire ici montagne et non colline! La ville de Medellín s’étend dans une vallée entourée de montagnes souvent rougeâtres, couleur des briques des maisons qui s’y agrippent. Un verre de Guarrapo (jus de canne à sucre et lime) à la main, je me suis frayé un chemin entre les motos, les autos, les enfants et les chiens endimanchés, sourire aux lèvres, heureuse de découvrir la vraie Colombie.

On aime Medellín en plein soleil de dimanche pour boire une bière sur le gazon de n’importe quel parc. On déteste Medellín pour ses voitures-reines des rues qui passent sans un regard à gauche, sans un regard à droite. On aime Medellín pour ses jus de fruits frais, ces guarapos, ces platanos con queso. On l’aime surtout pour le sourire de ces habitants, los paisas, et leur fierté d’y vivre. On déteste Medellín puisqu’on est jamais bien habillé pour la température, trop peu, et trop trop. On la déteste aussi, pour ses grandes pluies d’après-midi qui arrivent sans rien dire et qui durent et durent. On aime Medellín pour son métro hors terre qui permet d’y se promener le regard au alentour et d’y glisser nos yeux sur les pentes raides de ces montagnes. On aime être suspendu au métrocable pour voir d’en haut, la vue de la vallée de cette ville rouge brique des communes. On aime Medellín lorsqu’elle scintille à la tombée du jour.

Medellín est un chaos urbain organisé. Les piétons n’ont jamais la priorité. Les motos roulent sur les lignes pointillées. Première règle : cours pour ta vie! Deuxième règle : y’a pas de règles!

La course en taxi pour se rendre à l’aéroport me permet de rouler dans les sillons des ces hautes montagnes et voir le paysage plus rural autour de la cité. Ces montagnes, véritables gardes du corps de cette cité, étaient autrefois mal aimées, mais méritent aujourd’hui toute notre attention et notre amour.

Si Medellín pouvait parler, elle aurait certes plusieurs conseils à donner à Montréal.
Si Medellín pouvait parler, elle me dirait sûrement, hasta luego!

Oui, ma belle, à la prochaine!

Visite à Auschwitz, un passage obligé

Me rendre en Pologne pour aller visiter Auschwitz était pour moi un passage obligé, un devoir de mémoire qu’il me tardait de remplir. C’est véritablement un coup de chance qui m’a menée en novembre 2013 à poser les pieds pour la première fois dans ce lieu qui se passe de présentation. J’étais alors stagiaire au Mémorial de la Shoah à Paris et je terminais mon mandat de 7 mois, quand, en novembre, je me suis greffée à un voyage organisé par le Mémorial où un groupe de collégiens parisiens se rendait faire une visite express d’une journée en Pologne (ah l’Europe!!). Je me sentais particulièrement choyée d’avoir l’opportunité de me rendre là-bas en l’espace de quelques heures sans avoir à me tracasser des préparatifs et en étant de surcroit accompagnée de guides chevronnés du Mémorial qui se faisaient un plaisir de mettre à profit leur expérience et leurs connaissances inépuisables année après année afin de rendre l’expérience encore plus vraie, tangible. J’ai donc quitté très tôt mon chez-moi parisien pour me rendre à Charles-de-Gaulle où un avion spécialement affrété pour le Mémorial allait nous transporter à Cracovie en l’espace de deux heures. Quelques minutes d’autobus seulement nous séparaient de Birkenau, notre premier arrêt de la journée. J’étais fébrile, à la fois heureuse de réaliser un vieux rêve, mais aussi inquiète de l’impact que ce lieu aurait sur moi, peur d’être submergée par les coulisses de l’horreur qui raconte en images cette destruction planifiée des Juifs d’Europe qui est l’essence même du lieu.

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Il faisait beau en cette journée de novembre, un peu froid, mais le ciel bleu nous promettait une journée extraordinaire. À la descente de l’autobus, la réalité du pourquoi de notre présence ici nous frappe de plein fouet. Pour se rendre au premier jalon de notre visite, on doit longer une voie ferrée pendant quelques mètres. Pas n’importe quelle voie ferrée. Celle qui a mené des milliers de femmes, hommes et enfants à la mort. La gorge se serre déjà. Au loin, on voit un guide qui nous attend tout près de deux wagons isolés. Nous sommes sur la Judenrampe, le dernier arrêt de tous les convois de déportés entre 1942 et 1944. Même en étant familiers avec les images véhiculées dans les films qui racontent l’Holocauste, ces deux wagons à bestiaux nous glacent le sang de par leur inéluctable complicité. On ne peut s’empêcher de penser que ces petits espaces réduits étaient remplis à pleine capacité d’humains, qui pour plusieurs d’entre eux ne survivaient pas à ce sombre voyage vers l’Est, qui durait parfois plusieurs jours et nuits pour arriver jusqu’ici. On comprend assez vite que le trajet infernal n’était que l’entrée en matière d’un sombre pan de notre histoire.

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À partir de ce moment, je commence à ressasser toutes les informations que je connais, je me crée une bulle autour de moi, je n’ai plus l’impression d’être parmi un groupe de jeunes Français et je ne quitte plus d’une semelle le guide pour être bien certaine de ne rien manquer, je veux tout absorber de ma journée. Nous empruntons une route de terre parsemée de poules qui picorent. La brume du matin s’estompe peu à peu nous laissant entrevoir le portail mythique du camp d’extermination de Birkenau. Le point de fuite est parfait, une autre voie ferrée nous mène directement à l’entrée du camp, nous trace la route. Celle-ci a été achevée en 1944, pour mener directement les prisonniers à l’intérieur des entrailles du camp, alors que les nazis sentent que la défaite est proche et qu’ils se doivent d’accélérer les opérations pour achever le plus possible leur sombre dessein.

Auschwitz 6

Tout semble être figé dans le temps. Les tours de guet ceinturent toujours le camp de leur menaçante présence; les fils barbelés semblent retenir ensemble et renfermer tous les indices qui nous permettent d’imaginer, pendant quelques secondes, comment ce devait être d’arriver ici et que d’être propulsé à la sortie du wagon en enfer littéralement. De rares photographies prises par les Allemands nous montrent le chaos qui règne à l’arrivée. Imaginez être extirpé de force d’un train où vous êtes restés debout ou accroupis durant des jours sans savoir où vous alliez, la lumière vous assaille et vous aveugle et l’air frais sur votre peau est la récompense suprême des vivants. Vous descendez sur la rampe de déchargement, encore enkilosés par les kilomètres, mais terrifiés par les cris et les pleurs qui se mêlent aux aboiements des chiens qui vous menacent de leurs crocs. Tout est mis en place pour vous désorienter, vos maigres possessions sont probablement perdues à l’heure qu’il est, car les soldats vous menacent de leurs armes pour vous faire bouger plus rapidement et aboient, eux aussi, dans une langue qui ne vous est pas familière. Les hommes sont séparés des femmes et des enfants, les plus épuisés directement menés à la mort. Tout était prévu, organisé pour faire en sorte qu’en quelques minutes, sans qu’il n’y ait de pagaille ou de révolte, presque docilement, que les plus utiles soient dirigés vers leurs baraques pour entamer une vie d’esclave et que les plus faibles soient éliminés massivement dans les chambres à gaz.

Auschwitz 8

Bien que la nature ait repris ses droits et que de nombreuses infrastructures soient aujourd’hui détruites, on sent toujours la présence de ces hommes, ces femmes et ces enfants lorsqu’on foule le sol qui retient en son sein les cendres de tous les défunts. Que ce soit par des stèles noires posées à l’endroit où ils étaient brûlés avant l’arrivée des fours, que ce soit par les centaines de visages inconnus immortalisés sur des photographies laissées au hasard ou par des valises identifiées rapidement au nom de leur défunt propriétaire, ces tristes épitaphes sont toutes les traces d’un passage vers la mort qui balisent à jamais le territoire du camp.

Auschwitz 9

Nous visitons les baraques des prisonniers, prenons le temps de nous recueillir devant les ruines des chambres à gaz, essayons de comprendre les processus qui mènent un homme à être complètement déshumanisé, tatoué, rasé, fait prisonnier sur des principes complètement arbitraires et racistes. Pouvez-vous croire que des gens, qui comme moi ont fait le voyage et qui se tiennent devant ces balises mnémoniques horribles, nient encore ce qui s’est passé ici?

Auschwitz 7

Un frisson me parcourt, le vent se lève et novembre reprend ses droits. Comment pouvaient-ils survivre ici, dans leur vêtement de travail rayé, en plein hiver dans leurs sabots de bois? Nous prenons une minute pour nous recueillir, tous ensemble. J’observe les adolescents qui se serrent les uns contre les autres, ils sont tristes, choqués, ébahis. Moi aussi, même si je connais cette histoire par coeur, mes yeux se remplissent d’eau. Pourquoi? Comment? Toutes ces questions trouvent des réponses dans les manuels d’histoire. Mais en étant ici je ne peux pas accepter ces réponses pragmatiques et factuelles, c’est plus fort, plus grand qu’une simple histoire. Nous reprenons l’autobus pour nous rendre à Auschwitz visiter le camp de prisonniers construit en 1940. Un silence opaque règne dans l’autobus. La nuit tombe tranquillement sur la campagne polonaise.

Auschwitz 10

À notre arrivée, nous sommes toujours nargués, 75 ans plus tard, par cette devise installée à l’entrée du camp. « Le travail rend libre ». Quelle audace, quelle cruauté. J’imagine les prisonniers qui passaient sous ce portail chaque matin pour aller travailler dans des conditions horribles, en ne sachant pas si ce serait leur dernier jour. Peut-être que pour eux la fin de ce supplice était vraiment synonyme de liberté? Nous visitons les différents blocs, reconvertis en pavillons qui abritent aujourd’hui des expositions créées par les pays qui ont été touchés directement par ce drame. Le Mémorial de la Shoah a d’ailleurs eu la mission de concevoir la pavillon français et l’exposition retrace le voyage de quelques déportés en nous présentant leurs différents destins. La visite du camp se fait dans la noirceur la plus complète et dans un silence de mort. Il n’y a pas de lumières installées à l’extérieur, nous devons donc nous tenir tout près de notre guide qui éclaire le chemin de sa lampe torche. Je n’exagère pas en disant que mes yeux ne s’habituent pas à la noirceur qui nous enveloppe, nous sommes littéralement dépendants de ce guide porteur de lumière et porteur d’histoires. Les bâtiments dévoilent des collections de plus en plus macabres au fil de notre visite. On passe de la vie quotidienne du camp à une salle remplie de cheveux servant à tisser les couvertures des prisonniers ou de jouets pour enfants abandonnés par leurs petits propriétaires partis trop jeunes. On comprend l’ampleur du drame davantage grâce à ces amoncellements immenses d’objets-témoins. On termine la visite par la chambre à gaz, la seule ayant survécu à la fin de la guerre. Je vous laisse vous faire une idée de ce moment, un moment de recueillement entre ces murs froids témoins de la mort de centaines, dans une pénombre inquiétante et muette.

Nous repartons en silence vers l’aéroport. Tous se recueillent, certains prient, d’autres pleurent ou encore se rappellent peut-être une histoire d’un lointain parent ayant été touché par cette tragédie sans nom. Parce que oui, la France, entre autres, a été meurtrie, mais surtout complice de ces évènements, ces jeunes ne doivent pas l’oublier. Moi, je ne l’oublierai certainement pas.

6 excellentes chansons ayant pour titre le nom d’une ville

Ces chansons qui nous font voyager.

Certaines chansons nous font voyager à leur façon. Que ce soit en narrant les aventures d’un personnage atypique ou en faisait la description d’un paysage paradisiaque, ces chansons nous transportent dans le petit monde de leur auteur. Voici 6 chansons qui valent la peine d’être écoutées, que ce soit pour la première fois ou pour la centième fois. Bonne écoute.

 

Billy Joel – Vienna

Slow down you crazy child
Take the phone off the hook and disappear for a while
It’s alright, you can afford to lose a day or two
When will you realize… Vienna waits for you?

 

Bruce Springsteen – Atlantic City

Well I guess everything dies baby that’s a fact
But maybe everything that dies someday
Comes back
Put your makeup on fix your hair up pretty and
Meet me tonight in Atlantic City

 

Arlo Guthrie – City of New-Orleans

Good morning America, how are you?
Say don’t you know me, I’m your native son
I’m the train they call the City of New Orleans
I’ll be gone five-hundred miles when the day is done

 

Ringo Starr – Liverpool

https://www.youtube.com/watch?v=OM34giD4o4w

Went to Hamburg, the red lights were on
With George and Paul, and my friend John
We rocked all night, we all looked tough
We didn’t have much but we had enough

 

Renaud – Manhattan-Kaboul (Feat. Axelle Red)

Deux étrangers au bout du monde, si différents
Deux inconnus, deux anonymes, mais pourtant
Pulvérisés sur l’autel
De la violence éternelle

 

Jean Leloup – Alger

Si t’avais vu la gueule des flics
Devant les rues embouteillées
Les bédouins tranquilles prenaient le thé
Devant la tente sans s’énerver

La fois où j’ai dormi avec des rats

Hampi

Je l’avoue, j’avais (un peu) peur des rats. Mais ça, c’était AVANT d’aller en Inde. Maintenant, les rares petits et mignons rongeurs que je pourrais croiser sur mon chemin à Montréal, je les trouve presque attendrissants de par leur petitesse et leur propreté. Les filles de ma famille partagent cette frousse héritée de ma mère quelqu’un dont je tairai le nom. Je savais donc pertinemment qu’en allant en Inde, je risquais d’en croiser. Et beaucoup.

Au début de notre voyage, ils se faisaient discrets, voire invisibles, vaquant à leurs occupations secrètes de rats bien occupés à farfouiller dans les montagnes de déchets sur le bord des routes, à voler quelques provisions d’un marché coloré ou à courser dans les murs des hôtels mal construits.Le premier contact avec eux s’est relativement bien passé; j’ai à peine remarqué la bête filer rapide comme l’éclair entre mes pattes à bord du premier train indien que l’on a pris. C’est d’ailleurs grâce à ma voisine de banquette qui a levé rapidement les jambes en m’indiquant qu’il y avait un rat en dessous de moi que je l’ai su. Jusque-là ça pouvait aller, je me disais bien naïvement qu’il ne grimperait pas sur moi, n’entrerait pas dans mon sac, qu’il serait tout simplement un rat voyageur partageant sa route avec des milliers d’Indiens et de touristes.

C’est à Hampi que ça se gâte.

Imaginez cette jolie petite bourgade perdue au milieu de la province du Karnataka: un temple plusieurs fois centenaire abritant une éléphante sacrée, une auberge de jeunesse baba cool composée d’une dizaine de bungalows flanqués de hamacs multicolores seulement accessible par bateau, des rizières verdoyantes à perte de vue, des singes qui s’amusent à se lancer des noix de coco sur le toit et j’en passe. L’idée était d’y poser nos sacs quelques jours pour profiter de l’endroit comme un havre de paix exotique quasi mystique. Et c’est là que je suis tombée malade. Pas un petit rhume qui se règle par deux trois sachets de soupe lipton. Plus le genre de cochonnerie qui te fait jeûner plus d’une semaine et que la moindre odeur un peu trop intense vient à bout de ton estomac fragile, et ce, peu importe où tu es. J’adorais l’endroit où nous avions élu domicile avant de tomber malade, ce n’était pas cher et l’on était presque en pleine nature à jouer aux hippies. Mais c’est dur de se remettre sur pied quand tu dors sur un matelas épais de deux centimètres, que tu n’as pas d’eau chaude dans ta douche-salle-de-bain-crasse et que ton voisin de droite est une latrine bien fréquentée. Mais le pire, c’était que notre chambre était infestée par des rats noctambules en cavale.

Oui, oui, vous avez bien lu.

J’étais enfiévrée le premier soir où j’ai été témoin de leur présence. Je me levais péniblement à chaque heure en direction des toilettes, quittant dans les vapes notre petit cocon pas trop hermétique composé d’un moustiquaire troué. Alors que j’étais sur le point de me rendormir pour la énième fois, je sens quelque chose tomber sur ma main posée à plat sur le dessus de mon oreiller juste en haut de ma tête. Quelque chose qui gigote et qui se sauve quelques secondes après l’atterrissage. J’étais à ce point K.O. que je me suis convaincue que c’était un petit lézard. Il y en avait des dizaines qui se languissaient sur les murs de la chambre pour fuir la chaleur. Je me suis même paisiblement rendormie sans trop me formaliser de ce qui venait de se passer. La nuit suivante, couchée sur le côté, je vois une petite ombre grimper agilement sur mon sac, posé à quelques centimètres du lit pour chopper un morceau de pain qui attendait sagement que je retrouve l’appétit. Puis, l’ombre saute sur le sol pour continuer sa course vers le mur devant le lit et, à mon plus grand désespoir et étonnement, grimpe littéralement à la verticale sur le mur pour rejoindre la corniche, une ouverture béante entre la fin du mur en terre et le début du toit de paille.

– Myriam, je pense qu’il y a un rat dans la chambre…

Mon amie est paisiblement endormie à mes côtés. Moi, je commence à me sentir encore moins bien et je me demande si je serais mieux de filer dehors (avec les serpents, les brigands et toutes les autres bestioles que tu n’as pas envie de croiser à trois heures du matin) ou rester ici dans mon lit avec un gros rat gras qui me surveille du coin de l’œil. Myriam se réveille, et en adulte courageuse et amie formidable qu’elle est, s’extirpe du moustiquaire et va ouvrir la lumière pour mieux voir qui est notre visiteur impromptu. Il se tenait là, bien arrogant avec ma miche de pain entre ses petites dents, les yeux brillants de victoire, même pas pressé de se sauver. C’était le king le l’auberge, je crois bien. Je vous épargne les méchants mots qui se sont échappés de ma bouche cette nuit-là, mais je redoutais le moment où l’appel de la cuvette se ferait sentir précipitamment.

Les trois nuits suivantes ont été un peu pénibles, je l’avoue, parce que oui, nous sommes restées dormir dans cette auberge hantée de rongeurs pas gênés. J’ai appris que TOUS les petits hôtels du coin étaient infestés de ces indésirables qui règnent en seuls rois et maîtres à Hampi. Je me disais qu’en dormant la lumière allumée, les petits coquins ne viendraient plus nous déranger et n’oseraient encore moins s’aventurer dans le périmètre de notre lit. Erreur. Ils (oui il y en avait plusieurs) prennent, pendant les trois nuits suivantes, un malin plaisir à courir sans répit en cercles autour de notre chambre, sur le rebord du mur, probablement heureux de mieux voir leur piste d’athlétisme improvisée. Et moi, au moindre bruit, je me réveillais en sursaut pour les localiser et leur faire des doigts d’honneur en silence pour éviter de réveiller mon amie qui ne se formalisait pas de leur présence. Même si l’ampoule était allumée toute la nuit, je dormais avec notre lampe de poche sur la poitrine, pour tenter de les effrayer, durant les nombreuses pannes de courant nocturnes, en leur pointant la lumière dans les yeux et en les couvrant d’injures qu’il me faisait le plus grand bien d’expulser. Eux semblaient au contraire bien amusés par notre présence et ma témérité d’enfant de maternelle. J’ai bien compris qu’en Inde, ces bestioles n’inquiètent pas trop les habitants qui parfois même les vénèrent…Vous vous doutez bien que pour la fin de mon voyage, j’ai développé un radar surpuissant pour les repérer en vitesse, dans les gares, les rues, les marchés, mais heureusement ç’a été la seule fois où j’ai dormi avec des rats.

Vous en voulez encore? Regardez ce petit vidéo pour vous rincer l’œil…

Les portes dublinoises: mon obsession du jour

Portes dublinoises

Les portes dublinoises

Je rêve de retourner en Irlande depuis que j’y ai posé la première fois les pieds en 2013. J’ai littéralement été conquise par Dublin, une ville magnifique et à échelle humaine, qui se découvre (et se savoure) aisément à pied. Je n’y ai malheureusement passé que quelques jours, mais je me suis fait la promesse d’y revenir afin d’entamer pour de bon une exploration plus extensive de l’Irlande en entier. J’ai particulièrement apprécié le patrimoine bâti de la ville, surtout les anciens quartiers ouvriers qui sont d’une beauté à couper le souffle et empreints d’une nostalgie palpable à tous les coins de rues. Voici quelques clichés de ce patrimoine ouvrier irlandais illustré par une petite collection de  clichés de jolies portes dublinoises aperçues en chemin.

D’autres photos de voyages sur mon compte Instagram.

Portes D 5

Portes D 7

Portes D 6

Dublin portes 3

Portes D 2

Portes D 4

Bouder (un peu) les musées populaires new-yorkais

Deux musées méconnus de New York

Art et histoire: deux musées méconnus de New York

Pour moi, une visite à New York est prétexte à faire un détour dans les musées de renommée internationale de la ville qui abritent de véritables trésors au sein de leurs collections extraordinaires. Au diable le shopping, j’aime beaucoup mieux arpenter les musées que les grandes avenues commerçantes! Lors de notre dernière visite dans la Grosse Pomme l’an dernier, ma mère et moi avons osé sortir des sentiers battus muséologiques, avons boudé le Guggenheim et le MET pour mieux découvrir deux musées de taille plus modeste que les incontournables géants new-yorkais.

La Neue Galerie

Ce musée dédié à l’art moderne et au design allemand et autrichien du siècle dernier est situé sur la 5e avenue dans un édifice érigé en 1914 magnifiquement préservé et mis en valeur, qui en vaut à lui seul le détour. En un seul coup d’œil, le décor art déco, les riches boiseries et l’imposant escalier digne des grands hôtels européens de prestige nous renvoient une centaine d’années en arrière dans le Vienne ou le Berlin en pleine ébullition artistique. La boutique déborde d’ouvrages que l’on voudrait se procurer et un détour au café d’inspiration viennoise conclut magistralement la visite. La collection permanente est à couper le souffle; les dorures organiques ornant les immenses toiles de Klimt complémentent magiquement les œuvres tourmentées d’Egon Schiele. Lors de notre visite, nous avons eu droit à une excellente et pertinente exposition temporaire qui portait sur l’Art Dégénéré, une visite tout simplement extraordinaire qui mettait en lumière le travail des artistes de tous horizons honnis et conspués par le nazisme entre 1933 et 1945.


Le Tenement Museum

Je suis réellement une férue d’histoire et de musées. La visite dans ce lieu hors norme qu’est le Tenement Museum nous a fait revivre l’espace de quelques heures un pan sombre de l’histoire de la ville dans un musée in situ où tout favorise l’immersion du visiteur au cœur du quotidien des immigrants des XIX et XXes siècles à New York. L’immeuble a été miraculeusement figé dans le temps, presque totalement préservé des effets du temps grâce à son abandon dans les années 1930 pour cause de non-conformité des escaliers en bois. Tous les étages sont aménagés en fonction de thématiques abordant le quotidien de possibles habitants de cet immeuble, majoritairement immigrants et peu fortunés. Dès notre arrivée au musée nous devons (difficilement) choisir le parcours thématique et guidé qui nous intéresse le plus parmi tous les choix offerts, car nous ne pouvions pas nous rendre seuls dans les étages supérieurs pour une question autant de médiation que de préservation du lieu. Que ce soit pour faire une incursion dans une reconstitution d’un magasin général tenu par une famille juive ou dans celle d’un minuscule appartement d’une famille peu fortunée d’immigrants irlandais du début du siècle, tout est mis en place pour redonner vie à deux ou trois générations d’hommes et de femmes venus s’installer en Amérique avec la promesse d’une vie meilleure.

Trilogie: un must à Montréal!

Trilogie

Je me suis véritablement fait plaisir cette semaine, j’ai fait un saut au Trilogie avec une amie de longue date. Un véritable petit bonheur, quoi!

Je rêvais d’aller y faire un tour depuis un bon moment déjà. Il me fallait un prétexte. Un moment idéal.

Depuis l’ouverture, il y a seulement quelques mois de cela, une aura de mystère et un buzz planent autour de ce minuscule restaurant qui occupe de plus en plus une place de choix dans les médias et les palmarès gourmands de la Métropole. Dès que l’on franchit le seuil de cette mignonne petite entreprise familiale, on se retrouve face à un trésor caché que l’on vient de mettre au jour. Une vague impression d’être tout droit tombé dans un tableau Pinterest nous assaille aussitôt; le décor est épuré, le soin est accordé aux petits détails et la facture très design aura certainement convaincu les plus sceptiques ayant été découragés par les alentours qui ne paient pas nécessairement de mine.

Le menu est très simple et succinct, mais, comme on le sait, less is more. Le choix des entrées est toujours périlleux, je suis une éternelle indécise, mais j’y remédie en essayant tout, tout simplement. Nous avons eu droit à une salade de champignons chinois bien relevés au sésame et aux piments, à des rouleaux impériaux végétariens chauds et croquants et à des raviolis de style Hunan trempant délicieusement dans une sauce aux arachides. Franchement, un départ canon! Vient ensuite un choix de raviolis exquis que l’on peut commander bouillis ou poêlés et accompagnés de différentes sauces maison, tantôt sucrées et acidulées, tantôt épicées et vinaigrées. Nous avons choisi de faire confiance à l’ardoise en essayant les ravioles poêlées au porc et aneth, une combinaison surprenante et délectable à souhait. Finalement, un choix classique est venu clore ce repas orgasmique, une sélection de douze raviolis bouillis et farcis de porc, crevette et chou chinois, un pur délice! Accompagné d’une jolie théière de thé au jasmin, ce mémorable repas n’aura coûté qu’une vingtaine de dollars par personne. Seul bémol cependant, Trilogie n’ouvre que de 11h à 15h, arrivez tôt, les 24 places s’envolent rapidement!

Trilogie8521 Boulevard Saint-Laurent

Sri Lanka – 10 lieux incontournables

Quand nous avons décidé de partir en Inde l’hiver dernier, nous en avons profité pour faire une escale prolongée au Sri Lanka, l’île resplendissante. Pendant trois petites semaines, nous avons parcouru ce pays minuscule situé à seulement 31 kilomètres de l’Inde et qui baigne dans l’océan indien, telle une larme perdue au milieu de l’étendue bleutée. Ce pays nous a réellement charmés par la multitude des paysages, la beauté de ses côtes et la gentillesse de ses habitants. Voici une petite rétrospective de dix lieux incontournables à découvrir à votre tour.

Galle
Galle
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Trois restaurants asiatiques à essayer à Montréal

Lanternes asiatiques

 

Je dois vous faire une confession, je raffole de la cuisine asiatique. Et pas juste un peu. Si je pouvais en manger 24 h sur 24 h, je le ferais. Je rêve encore du Vietnam, visité en 2009, où chaque repas était un véritable délice. En échange de quelques sous et d’un large sourire, on avait droit à un festin dégusté sur le pouce, bien installés sur de miniatures chaises en plastique pour enfants entre les passants pressés et les tuyaux d’échappement des motos. À Montréal, c’est un peu différent, moins dépaysant, mais on retrouve cependant plusieurs options intéressantes pour les amateurs. Cette semaine, j’ai essayé trois restos asiatiques pour le bien du blogue (et de mon estomac!).

Kinoya Izakaya (4250 Rue Saint-Denis, Montréal)

 L’une des quelques brasseries japonaises de plus en plus en vogue de la métropole, le Kinoya Izakaya saura charmer les inconditionnels du pays du soleil levant autant que les néophytes. L’accueil jovial et bruyant du personnel donne le ton dès l’entrée dans le restaurant, véritablement, il fait bon s’y retrouver entre amis autour d’un bon verre de saké frais. Le revêtement intérieur en bois du pub donne l’impression de se trouver au cœur d’une structure en origami et l’on se sent immédiatement immergé dans un ailleurs un peu cartoonesque. Le menu de tapas japonais est idéal pour les groupes, les prix sont très compétitifs durant le 5 à 7. Une belle sélection de sashimis, les incontournables edamames et même un bon gros bol de ramen fumant satisferont les gourmands et les gourmets.

Harbin Dumplings (4801, boul. St Laurent, Montréal)

Y’a-t-il quelque chose de plus réconfortant qu’une assiette pleine de raviolis chinois charnus gorgés de bouillon? Je n’en suis pas certaine. Je voulais depuis longtemps essayer ce resto chinois perdu en plein Mile-End pour voir s’il y avait un adversaire sérieux pour détrôner mon adresse préférée, le Mai Xiang Yuan dans le quartier chinois. Bien que l’endroit soit sympathique, plus joli que ses homologues du Chinatown, je dois dire qu’il n’a pas su gagner mon cœur complètement. J’ai beaucoup aimé qu’il y ait l’option de manger les raviolis cuits à la vapeur servis à même de jolis paniers de bambous, mais j’avoue qu’ils étaient moins goûteux. Les prix sont également un peu plus élevés que dans les bouis-bouis du quartier chinois, mais ils restent très abordables par rapport aux restaurants avoisinants.

Satay Brothers (3721 Notre Dame Ouest, Montréal)

Ce restaurant familial singapourien est un véritable coup de cœur! Il est en phase de devenir un incontournable du Sud-Ouest (et même du grand Montréal). Leur nouveau restaurant ne semble pas se désemplir, tout comme leur stand estival qui a pignon sur rue au Marché Atwater, ce qui enchante visiblement le personnel accueillant qui a littéralement visé dans le mille avec leur concept rafraîchissant de restaurant. Les produits servis sont de qualité, le menu est succinct, mais tout y est succulent et l’ambiance un peu kitsch aux coloris flamboyants va de pair avec leur cuisine d’inspiration street foodsingapourienne unique et relevé. Brochettes juteuses, soupes-repas généreusement piquantes et petits pains vapeurs incontournables nous font goûter Singapour à petit prix, soit un hybride culinaire qui allie les saveurs de l’Indonésie, de l’Inde, de la Chine et de la Malaisie.

La Gaspésie de mon père

Quand j’étais petite, on voyageait beaucoup en famille l’été. On explorait majoritairement le Québec, que je connais maintenant presque de fond en comble. Mes grands-parents habitaient loin, à Matane, aux portes de la Gaspésie, et chaque été on allait passer quelques jours en leur compagnie, moi et ma petite sœur, telles deux grandes exploratrices en devenir. Nous en avons fait de la route, sillonné le bitume québécois avec toujours une grande avidité de découverte, mais les paysages grandioses de la côte gaspésienne ne cesseront jamais de m’émerveiller avec ces mêmes yeux d’enfant.

Les amoureux à la plage de Barachois
Les amoureux à la plage de Barachois

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour moi, la Gaspésie évoque les grandes vacances, le plaisir de voir des parents lointains et surtout les excellents fruits de mer frais préparés avec amour par ma grand-mère paternelle. Par chance, mon père a toujours rêvé d’avoir un pied à terre dans cette magnifique région qui est de loin sa préférée, celle de ses ancêtres. Il a donc acquis une magnifique petite maison grise à Barachois, à mi-chemin entre Percé et Gaspé, un peu plus tôt cette année. Une maison ancienne remplie de souvenirs et qui a bravé vents et marées et près d’une centaine d’hivers glaciaux. Malgré le fait que près de mille kilomètres nous séparent de ce petit havre de paix, nous sommes tous enthousiastes d’y laisser à notre tour, des souvenirs naître et mourir sur ces planchers de bois marqués par le temps, assis auprès du poêle à bois et sur cette immense terre liant mer et forêt. Nous nous y retrouvons justement la semaine prochaine, prendre nos premières d’une longue série de vacances en famille, je vous promet un billet à mon retour!

Petite maison grise de Barachois
Petite maison grise de Barachois

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mes rendez-vous gourmands du Marais

Rue du Marais au petit matin

Gourmande assumée et passionnée, les meilleurs moments de mes voyages sont souvent intimement liés aux découvertes culinaires que j’y fais. J’aime par-dessus tout découvrir un pays, une ville, un quartier en mettant à l’oeuvre mes papilles gustatives. En 2013, j’ai eu la chance d’habiter quelques mois à Paris dans le cadre d’un stage de fin d’études au Mémorial de la Shoah. Situé stratégiquement dans le Marais, un quartier où habite encore une grande partie de la communauté juive de Paris, mon bureau était un point de départ idéal pour profiter à pied des merveilles du 4e arrondissement. Le Marais, un ancien marécage asséché, se trouve dans un triangle géographique limité par l’Hôtel de ville, la Place de la Bastille et la Place de la République. Au fil de mes flâneries, j’ai découvert de nombreuses bonnes adresses, des petits restaurants sympathiques et quelques cafés fort attrayants, je vous fais part ici de cinq de mes coups de coeur.

1. Au petit Versailles du Marais (1 Rue Tiron, Paris 75004). Je me souviendrai longtemps du 28 avril 2013, c’était le jour de mon premier matin au boulot et celui où j’ai goûté à mon premier véritable croissant parisien. Encore chaud, doré à la perfection et croustillant sous la dent, ce croissant divinement bon a su apaiser mon estomac noué par la fébrilité. Cet endroit joliment décoré à l’ancienne, où tout est porté à l’attention du moindre détail, nous permet de faire un saut dans le passé et incarne tout à fait l’idée que l’on se fait de l’art de la boulangerie et de la pâtisserie à la Française où l’excellence et la qualité des produits est de mise. Les dizaines de variétés de pains et de baguettes sont soigneusement alignées, les macarons sont assortis par coloris et les pâtisseries ravissent autant l’oeil que l’estomac. Je rêve encore au millefeuille aux fraises (soupirs!).

2. L’As du Fallafel (34 Rue des Rosiers, Paris 75004) On ne peut pas séjourner dans le Marais sans goûter au moins une fois aux délicieux falafels proposés par plusieurs restaurants de la Rue des Rosiers. Idéale pour un dîner sur le pouce, cette spécialité végétarienne moyen-orientale est proposée en plusieurs déclinaisons, mais reste toujours débordante de saveurs. L’As du Fallafel s’est hissé depuis plusieurs années au rang de véritable institution dans le quartier, sa réputation n’est plus à faire et attire à tous les jours des dizaines de Parisiens affamés faisant la file pour mettre la main sur un délicieux et goûteux pain pita généreusement garni. Le slogan du restaurant finira certainement par vous convaincre d’y faire un tour: « toujours imité, jamais égalé ».

3. La tartine (24 Rue de Rivoli, Paris 75004) Lieu privilégié pour nos nombreux dîners et rencontres de création, La tartine est un petit bistrot simple, sympathique où trouver une gastronomie française abordable et impeccable. Les prix sont aussi très raisonnables le midi, ce qui en fait un arrêt obligatoire de la Rue de Rivoli si vous voulez goûter aux spécialités du pays à petit prix. Les salades exquises et variées, les planches de charcuteries et de fromages gourmandes à souhait ainsi que le décor typiquement parisien sauront certainement vous enchanter!

4. Allo sushi (13 Rue Cloche percée, Paris 75004) Vous cherchez un endroit zen, un oasis de calme loin du tumulte de la Rue de Rivoli? Sachez qu’à deux pas de cette bruyante artère se trouve, lové dans une mignonne petite ruelle verte, le meilleur restaurant de sushis du 4e arrondissement! Étant une grande amateure de cette spécialité japonaise, j’avoue avoir été un peu déçue par la « recette » française qui ajoute à mon sens trop de sucre et de vinaigre au riz collant. Toutefois, ce minuscule restaurant (je crois qu’il contient 5 tables), a su me sortir du marasme qui s’était emparé de moi à l’idée de ne plus manger de sushis pendant sept longs mois. La propriétaire est tellement adorable et accueillante et la cuisine servie est emplie de fraîcheur. J’ai découvert et rapidement été conquise par le Chirashi qui veut littéralement dire « sushi éparpillé ». Ce grand bol de riz collant garni de légumes frais et d’une myriade de poissons crus les plus délectables les uns que les autres a su sustenter mon envie de sushis au fil des mois.

5. Le loir dans la théière (3 Rue des Rosiers, Paris 75004) Ce petit salon de thé qui rappelle l’univers inventé par Lewis Carroll saura vous charmer dès votre première visite. Ce mignon petit salon de thé à l’ambiance bohème sert une grande variété de desserts allant des tartes, aux parts de gâteaux jusqu’aux pâtisseries typiquement françaises. Le café et une grande variété de thés coulent également à flot pour ravir les habitués de l’endroit qui viennent relaxer, discuter et prendre le temps de profiter de la beauté du Marais.

J’espère vous avoir ouvert l’appétit et fait rêver à votre prochaine escapade gourmande au coeur du Marais!

L’Inde au féminin (Partie 2) – Le transport

Train indien en sleeper class

L’Inde est un pays extrêmement vaste qui séduit justement par la diversité des paysages qui le composent. Nous avons été très gourmandes et avons avalé des milliers de kilomètres durant notre périple d’un mois et demi.

Pour ce faire, le meilleur moyen reste sans contredit le mythique train indien, plus agréable selon moi que le bus et aussi plus rapide pour découvrir les paysages à couper le souffle que le pays a à offrir. Nos trois expériences à bord des bus interurbain indiens n’ont pas été des plus agréables. La première fois, nous avons expérimenté quelques pannes mécaniques durant la nuit (ils voulaient qu’on sorte pousser le bus à trois heures du matin) et beaucoup de va-et-vient peu rassurant. La deuxième fois, nous avons dû attendre l’autobus pendant six heures à cuire sur le bord de l’autoroute à Mumbai alors que nous n’étions pas certaines qu’il allait véritablement passer nous prendre… Finalement, la troisième fois, nous avons dû changer d’autobus en plein milieu de nulle part (oui, oui, dans le désert!), sans même avoir la certitude que nous allions vers la bonne destination.

Le train est incontestablement une meilleure option : beaucoup moins cher, plus sécuritaire pour des femmes seules et transitant directement par les gares du centre-ville. Toutefois, il est vivement conseillé de réserver vos billets assez tôt, il nous est arrivé plusieurs fois d’être sur la liste d’attente. Le système ferroviaire indien est le plus étendu du monde, près de 20 millions d’Indiens voyagent à travers son réseau tentaculaire quotidiennement.

Il est facile de se retrouver dans les gares indiennes bien qu’elles soient bondées, puisque pratiquement tout est indiqué en anglais. N’oubliez pas de vous acheter de quoi manger pour la route, car il est rare que les trajets durent moins de cinq heures! Heureusement, les sympathiques vendeurs de thé finissent toujours par nous avertir de leur présence à bord par leur chant mélodieux : « Chai! Chai! Masala Chai! » Nous avons osé et adoré voyager en sleeper class, l’équivalent de la troisième classe. Les wagons se composent de plusieurs séries de six banquettes sur trois étages par compartiments ouverts qui se convertissent en lit le soir venu. Ces wagons sont munis de toilettes communes et il n’y a pas d’air conditionné, mais la brise de la nuit qui entre par les dizaines de fenêtres sans vitre est plus que fraîche et assure un sommeil de reine. Je ne vous mentirai pas, la propreté des trains est parfois douteuse, plusieurs amis à quatre pattes courent sous les banquettes et la cacophonie ambiante peut quelquefois être irritante, mais ça fait partie du voyage, n’est-ce pas?

Il va sans dire que nous attirions tous les regards quand nous entrions dans le wagon, chargées comme des mulets de nos gros sacs respectifs. Nous étions très heureuses de partager notre compartiment avec des familles qui n’hésitaient pas à converser avec nous et à échanger rires et nourriture. Nous nous sentions beaucoup plus en sécurité quand le train était bondé de femmes et d’enfants avec qui partager la route. Quand nous étions fatiguées ou simplement épuisées d’être le centre d’attention, nous allions nous étendre sur notre lit, celui du troisième étage de préférence, pour fuir les regards insistants, avec un peu de musique dans les oreilles et notre sac à viande pour nous éclipser momentanément de la vie commune du train indien. Gardez le sourire malgré les regards qui peuvent être désagréables, un bon livre ou votre album de musique préféré peuvent être d’excellentes échappatoires si vous n’avez pas envie d’expliquer pourquoi vous n’êtes pas encore mariée à 26 ans à un Indien un peu trop curieux. Nous avons souvent inventé de fausses adresses courriel et des noms loufoques pour des compagnons de route voulant devenir nos « amis ».

En ville, préférez la marche pour vos déplacements, les autobus publics sont à déconseiller aux femmes seules dans les grands centres surtout la nuit. Évidemment, la marche peut être un véritable défi dans ce pays où les trottoirs sont quasi-inexistants et les routes sont cahoteuses et encombrées de déchets de toute sorte, mais on s’y habitue. Dans le sud du pays, les villes sont moins populeuses, alors nous avons souvent pris de petits bus pour de courtes distances, quand ils ne sont pas bondés, c’est une façon agréable et rapide de se déplacer. Le trafic est aussi intense dans les plus grandes villes, soyez vigilants en traversant la rue, mais n’hésitez pas lorsque vous y êtes engagés. Si vous voulez vous rendre aux attractions plus éloignées, je vous conseille de vous déplacer en autorickshaw, le moyen de transport de prédilection du pays! Très économiques et cocasses, les ballades à bord de ces petits véhicules jaune et vert qui se faufilent entre les voitures, les motos et les vaches avec une agilité déconcertante sont bien pratiques. De manière générale, il est très facile de se déplacer en Inde, et pour un brin plus de folie, essayez la moto à trois passagers, le bateau à rames sur le Gange et même le dromadaire en plein coeur du désert!

Pour avoir une idée de l’ambiance dans le sleeper class:

 

Le voyage à petit budget (Partie 1) – Le logement

Vue depuis appartement

Quand je pars, j’aime avoir la possibilité de rester le plus longtemps possible au même endroit afin de réellement m’imprégner de l’atmosphère du lieu, d’avoir l’occasion d’observer les habitants à travers leur quotidien et de flâner comme si, moi aussi, j’étais une habituée de l’endroit. Outre le prix du billet d’avion, le logement reste sans contredit une part intégrante du budget alloué au voyage. Voici quelques solutions qui permettent de couper dans les frais sans toutefois entraver le réel plaisir qu’on a d’être dépaysé, ni même de faire abstraction de tout confort. 

La location d’appartements est le choix idéal pour les voyageurs qui peuvent se permettre un peu plus de dépenses côté logement et qui sont habitués de séjourner dans les hôtels des grands centres. Grâce à Airbnb, il est extrêmement facile, rapide et plutôt économique de dégoter la perle rare dans le quartier qui nous intéresse. Ce qui est doublement intéressant à mon sens, c’est que l’on peut réellement goûter au quotidien et découvrir le quartier chéri de celui ou celle qui nous ouvre la porte de son logement. Il est également agréable et économique d’utiliser les commodités (cuisine, Wi-Fi, baignoire, etc.) qui sont mises à notre disposition. 

Les auberges de jeunesse vont satisfaire toutes les bourses puisque la gamme des chambres, des services offerts et des prix associés est très variable. Personnellement, j’adore partager ma chambre avec 6, 10 voire même 20 personnes, je m’y sens en sécurité et mon porte-feuille est doublement content puisque c’est l’option la plus économique en auberge. Voici quelques moteurs de recherche d’auberges populaires, mais notez qu’il est parfois recommandé de réserver directement auprès de l’auberge afin d’encourager les hôteliers qui offrent ces logements à bas prix et de diminuer les frais de gestion excédentaires associés aux réservations en ligne. (Hostelling International Hostel World  Hostel Bookers).

Le camping reste une option intéressante pour les plus aventuriers, car il ne faut pas oublier que l’on transporte notre chez-soi partout où l’on va. Il faut donc absolument s’assurer d’avoir le matériel adéquat, qui est à comptabiliser dans les coûts du voyage (tente, gamelles, brûleur, sacs de couchage, etc.). Les tentes hamac (comme les Tentsile) sont une option autant économique monétairement que pour l’espace et le poids dans le sac à dos. Il n’est pas recommandé de dormir sous la tente partout sur le globe; l’Europe reste un bon point de départ pour les voyageurs amateurs de camping. Cependant, si vous avez l’âme nomade, mais que vous ne voulez pas abandonner le confort de l’hôtel, l’option du glamping assure un dépaysement des plus « glamour ». Plusieurs terrains de camping sont relativement accessibles sur le continent européen et sont bien répertoriés sur Internet, on s’y retrouve facilement si l’on prend le temps de faire des recherches au préalable. Cependant, lorsque l’on sort des sentiers battus et que l’on s’éloigne des capitales, les terrains peuvent être plus excentrés et moins bien desservis par les transports en commun, deux aspects à prendre en considération dans le calcul des coûts.

Deux nouvelles tendances se dessinent également sur le web en matière de logement et de tourisme: l’échange et le « gardiennage » de maisons. Deux options gratuites et faciles d’accès. Dans le premier cas, il suffit de trouver preneur pour votre maison ou votre appartement, idéalement dans un pays où il vous ferait plaisir de séjourner, pour ensuite échanger votre logement avec le leur durant une période donnée (Échange de maisons et Troc maison). Dans le deuxième cas, vous devez vous inscrire à un site sécurisé et poser votre candidature pour vous occuper d’une propriété (et même des animaux de compagnie) des résidents durant leur absence (House sitters).

Les plus travaillants d’entre nous seront heureux d’apprendre que leur soif de voyage peut également être assouvie en échange de leur dextérité manuelle, de leurs compétences physiques ou simplement en donnant un bon coup de main. Le woofing et des sites tels que workaway fournissent le logement aux volontaires qui proposent leur temps et leur main-d’oeuvre à la réalisation de diverses tâches telles que le travail sur une ferme organique en Australie ou l’élevage de lamas dans la cordillère des Andes. 

Finalement, la dernière option est elle aussi gratuite, mais ne requiert presque pas d’engagement de la part du voyageur. Il s’agit du couchsurfing où vous est offerte pour quelques nuits l’hospitalité d’un bon vieux canapé 

Vous avez maintenant tous les outils en main pour faire des choix judicieux en matière de logement économique, il ne reste qu’à trouver la destination qui vous fait le plus rêver… Bon voyage!