d'ailleurs

extraits voyageurs // le Dieu des Petits Riens

Mon voyage en Inde m’a marqué de manière indélébile et ce, pour toujours. Je rêve d’y retourner cette année, car il me reste tellement d’endroits à visiter, de saveurs à découvrir et de gens à rencontrer. Depuis que j’y ai posé les pieds, j’y pense constamment. Je recherche dans mes lectures quelques moments d’évasion en terre indienne et j’essaie le plus possible de découvrir des auteurs issus du sous-continent.

Cette année, j’ai découvert la brillante auteure Arundhati Roy, une écrivaine et militante indienne qui a marqué le paysage littéraire par son roman le Dieu des Petits Riens (qui a remporté le Booker’s Prize) paru en 1996. Ce roman, qui a d’ailleurs reçu un accueil dithyrambique partout à travers le monde, m’a profondément touché de par son écriture extraordinairement juste, ses personnages complexes et la trame romanesque d’une authenticité ravageuse. Je vous conseille cette lecture qui ne laisse personne indifférent (tout comme un voyage en Inde).

Je vous partage ici un extrait qui nous transporte directement sur le quai de la gare du Cochin, un lieu de passage bouillonnant d’activités au coeur du Kerala. Je retrouve dans cet extrait un instantané de mon voyage en Inde, un condensé de moments passés dans des gares, en attente de monter à bord des mythiques trains indiens, alors que j’étais assaillie de couleurs et d’odeurs typiques du brouhaha des gares.

 

« Debout sur le quai de la gare centrale de Cochin, la tête levée vers la vitre. La peau grise, livide, que les néons privaient de tout éclat. La lumière du jour bloquée par les quais alignés de chaque côté. Longs bouchons noirs qui retenaient l’obscurité prisonnière. (…) Autour d’elle, les gens crient, se bousculent. Courant dans tous les sens, se dépêchant, achetant, vendant, traînant des bagages, payant des porteurs. Enfants qui défèquent, adultes qui crachent, font les cent pas, mendient, marchandent, vérifient leurs réservations. Bruits de gare qui résonnent sous la verrière. Marchands ambulants qui vendent du café.

Du thé. (…)

Chocolats fondus.

Cigarettes en chocolat.

Orangeades.

Citronnades.

Coca-Cola-Fanta-glace-rosemilk. »

Le Dieu des Petits Riens // Arundhati Roy // P.390-391

Vous pouvez vous procurer cet excellent roman ici.

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