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Les « shoe boxes house » de Montréal

Habitant dans le quartier Rosemont-Petite-Patrie depuis quelques années déjà, j’ai rapidement remarqué à mon arrivée la présence de jolies petites maisonnettes dans le voisinage. Curieuse de nature, je me suis intéressée à ces « anomalies » urbaines de mon quartier, rêvant même un jour d’habiter l’une de ces jolies chaumières. Au fil de mes recherches, j’ai découvert l’existence du phénomène des «shoe boxes house» de Montréal, de petites maisons revêtant aujourd’hui un caractère patrimonial fort intéressant. J’ai décidé de fouiller le sujet plus en profondeur pour tenter de comprendre l’histoire de leur provenance dans le paysage urbain montréalais.

«Les «shoe boxes», ces petites maisons qui ont survécu au passage du temps à Montréal, attirent le regard. Dans le paysage urbain, elles détonnent. » (La Presse). Ces maisons unifamiliale à un étage contrastent dans les quartiers autrefois populaires de Villeray, de Verdun et de Rosemont, qui sont aujourd’hui en proie à un embourgeoisement rampant. On retrouve ces petites demeures dans des voisinages constitués essentiellement de duplex et de triplex souvent centenaires. Aujourd’hui menacées de démolition, les «shoe boxes house» sont les cibles prisées des promoteurs immobiliers qui cherchent à acquérir des terrains qu’ils considèrent sous-occupés par ces constructions particulières dans des quartiers de plus en plus en vogue.

La construction de ces petites unifamiliales devient possible au tournant du XXe siècle, alors que le tramway de Montréal s’étend outre le centre-ville pour permettre aux ouvriers moins nantis de s’installer en périphérie du centre de Montréal. Ces familles plus pauvres évitaient ainsi la misère et l’insalubrité des bidonvilles ouvriers près du Port. Ces miniatures constructions représentaient donc le seul espoir pour ces familles nombreuses de posséder une maison, bâtie à peu de frais sur des terrains moins coûteux que dans le centre-ville. Loin de ressembler à des bungalows de style américain plus communs dans les quartiers excentrés de Montréal, ces petites maisons ont le toit totalement plat pour permettre de futures expansions architecturales comme l’ajout de deux ou trois étages supérieurs. «Ces maisons sont très significatives, car elles sont le premier accès à la propriété de Montréal pour les classes populaires », résume David Hanna, Professeur au département d’études urbaines à l’Université du Québec à Montréal et ancien président d’Héritage Montréal (La Presse).

Un autre élément très intéressant de la petite histoire de ces maisons, est la provenance des matières utilisées pour les bâtir. Les «shoe boxes house» étaient souvent construites avec des matières « empruntées » à très long terme dans les chantiers et les manufactures de l’Est de la ville. « Les terrains des usines Angus, construites à la même époque pour réparer et fabriquer du matériel ferroviaire, ont souvent servi de magasin à ciel ouvert. » (La Presse). Ce sont donc des matériaux originaux et hétéroclites tels que des vieux journaux ou des traverses de chemin de fer qui se retrouvent encore aujourd’hui dans les charpentes, les murs et les plafond de ces petites demeures bien attachantes. Construites à moindre coût (environ 500$ à l’époque ce qui équivaudrait à 9,500$ actuellement), elles sont toutefois d’une robustesse étonnante. Comme quoi, ce sont dans les petits pots que l’on retrouve les meilleurs onguents!

Sources:
http://www.lapresse.ca/maison/architecture/201411/19/01-4820579-trois-histoires-de-shoe-boxes.php
http://spacing.ca/montreal/2009/03/23/montreals-shoeboxhobbit-houses/

Les photos suivantes de «shoe boxes house» ont été prises dans les rues Molson, 1re Avenue et 2e Avenue à Rosemont-Petite-Patrie.

 

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2 COMMENTS

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    Claire

    Super intéressant, j’adore ces maisons. Je veux celle avec les fers de galerie, trop mignonne!

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