d'ailleurs

un rêve bleu à Chefchaouen

Le point de départ de cette aventure est un projet ambitieux. Partir quatre filles, quatre amies de toujours, pour parcourir le Maroc en voiture pour une dizaine de jours. Une première incursion sur le continent africain pour nous toutes. Un road trip rapide, mais dépaysant et excitant. Notre avion se pose tôt un samedi matin d’avril et nous récupérons notre voiture argent, notre maison sur quatre roues pour les prochains dix jours, à l’aéroport de Casablanca. Nous sommes fébriles, mais soudainement assez ragaillardies par notre mission pour chasser le décalage horaire du revers de la main. Tout sourire, nous embarquons à bord de notre petit bolide et sommes fin prêtes à prendre la route pour rejoindre notre premier arrêt, la ville bleue de Chefchaouen. 

Chefchaouen au coeur de sa paisible vallée de la chaîne du Rif.

 

Un enchevêtrement de ruelles étroites et sinueuses.

Nous prenons la route, cellulaires et wifi portable en main, excitées comme des puces à l’idée de réaliser ce voyage que nous préparons depuis plusieurs mois. Je suis copilote de ma meilleure amie, celle qui fonce, qui a confiance en ses capacités de chauffeuse hors pair et qui semble heureuse de découvrir le Maroc derrière le volant. Heureusement, les autoroutes du pays sont larges et en bon état, les panneaux sont en arabe et en français et notre chemin est déjà tout tracé dans nos esprits. Pour cette initiale étape, nous avons un peu plus de six heures de route devant nous. Nous commençons par longer l’Atlantique pour dépasser l’immense Casablanca sur l’autoroute A1 et rejoignons Rabat en ligne droite. Cette première partie du trajet est facile et rapide, peu après avoir dépassé la capitale, nous empruntons une route nationale plus étroite, un peu plus engorgée de véhicules en tout genre (voitures, taxis remplis à craquer, charrettes, motos, ânes, etc.) et plus cahoteuse. Notre vitesse de croisière s’adapte rapidement afin de nous fondre dans le trafic local un peu plus dense.

Depuis le toit de notre auberge de jeunesse. Jaune et bleu se marient à merveille.

 

Magnifiques tapis tissés artisanalement.

Nous avons de plus en plus l’impression d’être en Afrique, les villages sont de plus en plus modestes, les embouteillages éclectiques, nous croisons des vendeurs d’agrumes aux étals débordants, des ânes chargés empruntant la route nationale, des hommes, femmes et enfants curieux de nous voir ici. Plus nous approchons de notre objectif, plus les paysages environnants changent: on se retrouve dans des vallées de plus en plus profondes et accidentées, les oliviers poussent par milliers à flanc de colline, le vert de la végétation pâlit et s’assèche, l’air salin a complètement cessé de nous rafraîchir. Un court arrêt en bord de route nus permet de nous ravitailler, nous achetons à un sympathique marchand des figues séchées enfilées sur une grosse corde comme sur un collier de perles, des olives noires extrêmement goûteuses et gorgées de sel et des dattes immenses en grappe.

Une ville colorée et occupée.

Le dernier droit pour rejoindre Chefchaouen est une route en lacet qui monte sans cesse, nous constatons que le ville est en hauteur, à 600 mètres du niveau de la mer après vérification. Et c’est au détour d’un petit boisé sec, après avoir suivi un gros Westfalia pendant quelques kilomètres que nous apercevons la ville bleue, blottie dans une vallée et à l’ombre du Rif, la chaîne de montagnes veillant sur les hauteurs de la ville. Nous trouvons un petit stationnement intérieur pour garer la voiture et gravissons plusieurs volées de marche pour nous rendre à notre première auberge de jeunesse du périple.

Le garçon à vélo.

 

Orangé sur fond bleu.

Dès les premiers pas dans la vieille médina nous constatons le pouvoir d’attraction unique de cette jolie ville. « Dans leurs rues sinueuses et labyrinthiques, la couleur s’étale sur les murs, couvre les pierres, glisse sous les pieds. Un bleu à la chaux, doux, minéral, profond. Enveloppant et chaleureux : il s’en dégage une impression de bien-être. » Le bleu est omniprésent et son spectre se décline de manière aguichante. La vieille ville grouille d’enfants heureux qui jouent avec des ballons dégonflés et de chats qui se prélassent au soleil. Nous ne savons plus où donner de la tête, tout est magnifique et éclatant. Les murs des maisons sont peints en différentes teintes de bleu: azur, bonbon, électrique, ciel. Pour ajouter à la splendeur chromatique du lieu, plusieurs tapis artisanaux tissés dans des étoffes multicolores sont disposés partout dans cette ville canevas, des paniers tressés emplissent les étroites ruelles et regorgent de riches pigments, des étals de fruits et légumes viennent complémenter le bleu ambiant par leurs teintes chaudes. « La teinte de Chefchaouen partage (…) des origines historiques. Non seulement il reflète la lumière du soleil, gardant l’intérieur des maisons au frais, mais aussi il éloigne les moustiques… et les termites, tenus à l’écart par le sulfate de cuivre, qui, mêlé à la chaux, produit la couleur bleue. Enfin, on raconte que les habitants de cette région désertique, perdue entre les monts Meggou et Kelaa, auraient utilisé la couleur pour attirer l’attention des marchands. ». Voici quelques photos de notre séjour express à Chefchaouen, véritable perle saphir du Maroc.

Source: Le Monde.

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