d'ailleurs

Vivre le Sri Lanka

Hiver 2015. Un projet un peu fou en tête pour combattre la grisaille de l’hiver québécois et la brume sur le coeur. Je suis en mal d’ailleurs. Je quitte le pays enneigé et la ville blanche de Montréal pour l’évasion, la pure fuite en avant avec me meilleure amie de toujours. L’Inde est notre destination finale, un pays qu’il nous tarde de découvrir. Dans l’attente de cette première incursion en sol indien, nous ajoutons un arrêt au Sri Lanka à ce périple de près de trois mois en Asie du Sud. Nous prenons le temps de faire un saut de puce au sud du sous-continent (tant qu’à être dans le coin, tsé) pour ajouter un autre x sur le globe et visiter cet état qui émerge tranquillement de nombreuses années de conflit fratricide ayant meurtri non seulement son territoire, mais des milliers de femmes, d’hommes et d’enfants. Alors, pourquoi le Sri Lanka?

Parce que le thé, parce que les Sri Lankais accueillants, parce que les plages de rêve, instantané de paradis, parce que la faune exotique et la flore unique, parce que le dépaysement, la découverte, les rencontres, l’émerveillement pur. « À l’évocation du Sri Lanka, cette île lointaine de la route des épices autrefois connue sous le nom de Ceylan, des images surgissent immédiatement : camaïeu de verts des rizières et des jardins d’épices, moutonnement de l’écume au bord des plages plantées de cocotiers, vertes plantations de thé ondulant à flanc de montagnes, mystérieuses cités anciennes englouties par la jungle, foules ferventes des temples du Sri Lanka, sérénité hiératique des statues du Bouddha couché, facéties désopilantes des groupes de singes. Ajoutons-y la cannelle, les pierres précieuses, les bois rares, les vestiges du British Empire, les éléphants, les moiteurs tropicales et les fraîcheurs des zones montagneuses sans oublier les fresques des séduisantes demoiselles de Sigiriya… et c’est aussitôt la féerie cinghalaise qui surgit de sa boîte magique. »

Durant les 21 jours de cette escale prolongée, nous prenons le temps de nous acclimater au rythme de vie effréné de cette région du monde. Nous préconisons un mode de déplacement fidèle à la philosophie du slow travel; en empruntant des modes de transport local, afin de parcourir de petites distances en prenant le temps d’aller à la rencontre du Sri Lanka authentique et de proximité. Nous flânons, échangeons, goûtons. L’idée est de parcourir petit à petit ce charmant pays-île, de goûter à sa cuisine goûteuse, d’échanger avec son peuple-sourire, de poser le pied à la surface de cette petite goutte d’eau, une larme qui baigne dans l’immensité de l’Océan indien. Déjà, s’y rendre n’est pas une mince affaire, nous volons depuis Montréal vers Istanbul, puis les Maldives pour enfin atterrir à Colombo près d’une trentaine d’heures plus tard. Comme quoi l’attente en vaut bel et bien la chandelle.

Quand j’y pense aujourd’hui, je nous revois en prendre plein les yeux. Je me remémore être complètement déstabilisée, même si j’étais amusée d’être catapultée dans un mode si différent de mon quotidien. Je me rappelle avoir eu peur de la foule, peur des groupes d’hommes surpris de nous voir seules, avoir été surprise des regards portés sur nous et nos têtes exotiques (nos peaux laiteuses, you are soooo white!), avoir été inquiète d’être à bord de véhicules bondés et peu sécuritaires, de devoir sauter à bord des bus en mouvement mon sac sur le dos la poussière aux semelles, d’avoir été déstabilisée par les épices des mets pulvérisant mes papilles novices, d’avoir eu chaud, très chaud. Aujourd’hui je constate que tout ça provenant de mon manque de connaissance de ce pays, d’une peur intrinsèque de ce qui est foncièrement différent. Tout ça au fond n’est que le dépaysement pur que j’ai vécu dans les première journées là-bas. Parce que j’ai aussi adoré le sourire des enfants émerveillés de nous voir, les grisantes effluves des plantations de thé, les fruits tropicaux sucrés, les paysages vierges à couper le souffle, fière d’avoir dépassé mes propres limites et d’avoir fini par adorer ce pays que je connaissais si peu en y arrivant il y a quatre ans.

Source: https://www.routard.com/guide/code_dest/srilanka.htm

Photographies: Unsplash

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